Technicolor : un dossier sensible en pleine présidentielle

Mobilité

La banque d’affaires américaine JP Morgan pourrait prendre presque 30% de Technicolor. Le gouvernement français souhaite l’intervention du FSI au nom du protectionnisme économique.

Technicolor devrait prochainement disposer d’un nouvel actionnaire de poids : JP Morgan.

Sachant que la branche Private Equity de la banque d’affaires américaine (One Equity Partners) disposait déjà d’une participation de 1% dans la société française spécialisée dans le traitement numérique de l’image pour le compte des médias et des sociétés de production audiovisuelle (ex-Thomson).

Avec l’annonce de ce changement capitalistique important, la cotation de l’action Technicolor avait été suspendue mercredi matin.

A travers une augmentation de capital pouvant atteindre 158 millions d’euros, JP Morgan compte disposer d’une participation dans Technicolor dans une fourchette 25% – 29,96%.

Cité dans le communiqué, Frédéric Rose, Directeur général de Technicolor, affiche sa satisfaction alors que la société rencontre des difficultés financières en raison d’un endettement important (957 millions d’euros à fin 2011).

“L’augmentation de capital envisagée permettra de doter la société d’une structure financière renforcée et d’une base actionnariale stable pour mettre en œuvre sa stratégie de croissance.”

Néanmoins, le gouvernement se montre réservé sur cette opération de refinancement en lien avec JP Morgan. Le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie a demandé au Fonds stratégique d’investissement (FSI) “d’envisager une intervention dans le dossier”.

En l’état actuel, le fonds souverain français n’a pas de participation dans la société visée par JP Morgan.

Un interventionnisme qui serait liée au contexte de l’élection présidentielle mais aussi à une crainte de perdre un catalogue de brevets à valeur ajoutée précieux.

Entre volonté de pousser l’intelligence économique et réflexe de patriotisme économique (un peu comme on l’avait vu dans le cas de Gemplus transformé en Gemalto dans le secteur des cartes à puce).

Une attitude qui surprendrait en tout cas la direction de Technicolor.

“Nous n’avons pas eu de contact avec le FSI. Nous avons lu la déclaration d’Eric Besson  hier mais nous n’avons pas eu de contact”, a déclaré Stéphane Rougeot, directeur financier de la société spécialisée dans l’image numérique pour les secteurs des médias et du divertissement.

Mercredi, le ministre chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique a rencontré l’intersyndicale de Technicolor (CFDT, CFE-CGC, CGT, Sud et Unsa) pour évoquer le cas de la situation de l’usine de fabrication de décodeurs d’Angers (Maine-et-Loire) en cours de cession, et la stratégie industrielle du groupe.

Technicolor dispose d’un effectif de 17 000 salariés dans le monde, dont 1900 en France (à fin décembre 2011).

Crédit photo : business intelligence © christemo – Fotolia.com


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