Téléchargement : un Français sur six s’y adonne

Mobilité

Selon l’institut TNS-Sofres, 17 % des Français téléchargent régulièrement de la musique et des films. Dont 14 % “de manière gratuite”.

Qui a dit que le téléchargement illégal diminuait en France? Sûrement pas l’institut de sondages TNS-Sofres qui s’est fendu d’une étude sur “le Français et le téléchargement” pour le compte du groupe Casino et de L’Hémicycle, hebdomadaire d’information parlementaire diffusé à 12 000 exemplaires. La prochaine reprise des discussions parlementaires relatives au projet de loi sur le droit d’auteur et droits voisins dans la Société de l’Information (DADVSI) et la question de la légalisation de l’échange de fichiers en peer to peer n’étant probablement pas étrangère à la publication de cette étude (voir notamment édition du 14 février 2006).

De ce sondage*, il ressort que 17 % des Français déclarent avoir téléchargé de la musique ou des films au cours des douze derniers mois. Soit un Français sur six. A l’inverse, 83 % des personnes interrogées affirment ne pas télécharger.

Plus on est jeune, plus on télécharge

Sur ces 17 %, 14 % avouent l’avoir fait “gratuitement”, c’est-à-dire à partir des réseaux peer-to-peer d’échange de fichiers, et 5 % en payant à partir de plates-formes commerciales. 2 % déclare cumuler les deux pratiques pour rapatrier du contenu audio et vidéo sur son ordinateur, que ce soit à partir du domicile familial ou du bureau.

Sans surprise, les résultats de l’enquête indiquent que le téléchargement est le fait des plus jeunes. 39 % des 18-24 ans téléchargent (dont 34 % “gratuitement”), 30 % (dont 25 % “gratuitement”) chez les 25-34 ans et 20 % (dont 15 % “gratuitement”) des 35-49 ans. “Au-delà de 50 ans, la pratique est marginale, et ne concerne que 5 % des 50-64 ans et moins de 1 % des plus de 65 ans”, souligne l’enquête.

Des chiffres sous-évalués

En revanche, on télécharge autant voire plus, du côté des foyers aisés que chez les revenus plus modestes. Les cadres et intermédiaires seraient 20 % à pratiquer le téléchargement (payant ou non) contre 10 % du côté des catégories ouvrières. “Ce qui peut en partie s’expliquer par l’investissement que représente l’équipement informatique”, estime la TNS-Sofres. Mais ce sont bien les catégories aisées qui s’adonnent le plus au modèle payant : 13 % chez les cadres et 7 % pour les foyers “plus aisés”. Contre 5 % en moyenne.

Le sondage TNS-Sofres confirme, s’il était encore besoin, que le téléchargement, surtout “gratuit”, est entré dans le quotidien des Français. D’autant que le sondage exclu de ses résultats les adolescents qui représentent peut-être la population la plus utilisatrice des réseaux P2P. Enfin, on peut également se demander si, malgré l’anonymat garanti, le sondage de visu n’incite pas à la sous-déclaration en matière de pratiques considérées comme illégales. Du coup, le nombre de personnes qui consomment du réseau P2P pourrait être bien plus élevé que ce que laissent entendre les chiffres. De quoi inspirer les députés?

 

*Sondage réalisée en face à face les 8 et 9 février 2006 auprès d’un échantillon représentatif de la population de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus.


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