Téléchargements musicaux : une guerre perdue d’avance ?

Mobilité

Malgré la disparition de Napster, les téléchargements de fichiers soumis aux droits d’auteur ne cessent de progresser. Pour le moment, l’industrie musicale américaine joue la carte de la répression. Mais pour combien de temps encore ?

Plus de 60 millions d’Américains téléchargent de la musique en peer-to-peer (P2P). Seuls 9 % d’entre eux auraient conscience d’enfreindre la loi sur le copyright. Ils seraient plus de 100 millions dans le monde à exploiter les logiciels d’échange de fichiers comme Kazaa, Limewire, Bearshare, Morpheus et des dizaines d’autres héritiers du précurseur Napster. Une activité qui concerne des milliards de téléchargements, essentiellement de fichiers musicaux mais aussi de logiciels et de films. Tel est le constat de BigChampagne, une société américaine créée en 2000 et spécialisée dans l’analyse des divertissements en ligne, en particulier les téléchargements de fichiers numériques.

Bref, la disparition de Napster (voir édition du 5 septembre 2002) n’a rien résolu. Au contraire : il semble que, déploiement des accès haut débit aidant, le nombre d’utilisateurs des services d’échange de fichiers soit en constante augmentation. Au point que les téléchargements de musique en ligne dépasseraient les ventes de l’industrie musicale. BigChampagne s’amuse même à éditer un “Top 50” des téléchargements musicaux américains… lesquels ne concordent pas forcément avec ceux fournis par l’industrie musicale.

Répression et éducation

La lutte contre les téléchargements illégaux semble donc perdue d’avance. A l’occasion d’un débat au Sénat américain le 27 mars 2003, Matthew J. Oppenheim, vice-président de la RIAA (Recording Industry Association of America), estimait la baisse des ventes de disques à 7 % en 2000, 10 % en 2001 et 11 % en 2002. “Sur un marché qui a connu une constante progression pendant des années, ce soudain et dramatique déclin a et aura de graves conséquences pour l’industrie”, estime l’intervenant. Des chiffres évidemment difficilement vérifiables. Mais plutôt que de tenter de collaborer avec les éditeurs de logiciels de P2P, la RIAA préfère jouer la carte de la répression, au mieux de l’éducation du public. Cette solution s’avérera-t-elle efficace ? L’avenir nous le dira.


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