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Telehouse choisit un ancien site militaire pour son troisième centre de données

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Reportage étonnant sur ce nouveau complexe du fournisseur d’espace informatique sécurisé. A l’origine, ce site a hébergé des activités militaires.

Après les centres de données situés dans Paris intra muros ou en périphérie, certains prestataires commencent à se tourner vers de nouveaux territoires pour trouver des infrastructures correspondant à leurs exigences.

C’est le cas de Telehouse, filiale de l’opérateur asiatique KDDI, qui est présent à Paris sur le marché de l’hébergement d’infrastructures informatiques et télécoms depuis 1996 avec son centre de Paris Jeuneurs (Telehouse 1).

Deux ans plus tard, en 1998, l’entreprise ouvrait son deuxième centre dans la capitale. Il est situé boulevard Voltaire (Telehouse 2) dont la superficie est de 13 500 mètres carrés. C’est par ce centre que transite aujourd’hui une grande partie des échanges virtuels français et européens.

Pour répondre aux demandes de ses clients, Telehouse France va ouvrir un troisième centre de données. Fait notable, ce centre d’une superficie de 15 000 mètres carrés de bâtiments existants est situé à une vingtaine de kilomètres de Paris, sur la commune de Magny-les-Hameaux dans le département des Yvelines.

« Nous avons réalisé un premier investissement de 50 millions pour prendre possession au printemps 2008 d’un complexe de six hectares qui appartenait autrefois à EADS » , indique Gilles Pecqueron, responsable marketing de Telehouse France.

« Sur la superficie totale actuellement disponible, nous allons continuer les travaux d’aménagement entamés en juillet 2008 pour ouvrir 500 mètres carrés à la fin du mois de Février puis une seconde tranche de 1500 mètres carrés d’ici la fin de l’année », ajoute-t-il.

Au centre du complexe, Telehouse a construit en six mois un nouveau bâtiment technique de 2000 mètres carré. Il abritera notamment une partie des chaînes électriques (onduleurs, salles batteries…) en cours d’installation lors de la visite des lieux par un journaliste de Vnunet.fr.

En totalité, une centaine de personnes issues d’une vingtaine de prestataires ont travaillé sous les ordres des équipes de Telehouse dont le maître d’oeuvre du groupe, Bob Harris, connu comme l’homme qui a conçu le premier centre londonien du groupe ouvert en 1988.

A noter que pour s’agrandir, le prestataire a de quoi voir venir puisqu’il pourra également compter sur 10 000 mètres carrés de champs encore disponibles dans le complexe.

Un ancien site militaire

Outre sa localisation, le centre Telehouse 3 a une particularité assez originale: il est situé sur un ancien site d’EADS (ex-Aérospatiale) inauguré à la fin des années 80. En France, c’est le premier centre de données « commercial » qui est construit sur un site ayant abrité des activités militaires.

« Pour notre activité et les demandes de nos clients, c’est un endroit rêvé car on ressent les effets d’une construction basée sur la très haute sécurité », se réjouit Gilles Pecqueron.

(lire la suite de l’article page suivante) Au regard des restes de pancartes et équipements encore présents sur le site, la fonction initiale du complexe devait être l’assemblage et les tests d’équipements de défense (missiles).

Plus surprenant, des galeries souterraines relient les six bâtiments. Les travaux engagés par Telehouse ont permis de se baser sur ce labyrinthe pour installer les câblages (télécoms et énergie) ainsi que la tuyauterie.

Différents équipements de sécurité intérieurs et extérieurs (sas, dispositifs biométriques, caméras de surveillance infrarouges,…) viendront compléter les aménagements que comportait le site comme le chemin de ronde infra-militaire qui entoure le complexe et dans lequel pourront circuler des gardes.

« La gendarmerie la plus proche est à quelques centaines de mètres et d’autres services de l’état nous portent une attention particulière comme vous l’imaginez » conclut sur ce point Gilles Pecqueron.

Enfin, pour les clients pressés qui souhaiteraient envoyer des ingénieurs en urgence sur le site, un héliport est disponible.

Haute-densité et PRA au premier plan

Pour que l’investissement de Telehouse ait un impact positif sur les résultats du groupe, le prestataire compte séduire des clients ayant besoin d’un très haut niveau de qualité de service.

Deux arrivées électriques provenant de deux sous-stations différentes ont été raccordé et pourront délivrer une puissance de deux fois 15 mégawatts.

Pas moins de six groupes électrogènes de 14 tonnes couplés à plusieurs bancs d’onduleurs et de batteries pouvant assurer une autonomie de 30 minutes, seront nécessaires pour sécuriser la fourniture d’énergie aux salles.

« Nous allons pouvoir livrer 3 kVa par baie et sur demande du client, nous pouvons monter à 6 kVa ce qui permettra de faire de la haute-densité » note Gilles Pecqueron.

L’infrastructure sera redondée sur une base n+1 (pour n équipements, il y a un équipement de secours). Dans un souci de flexibilité, notre interlocuteur précise que cette redondance pourra atteindre le niveau 2x(n+1).

L’éloignement du complexe du centre de Paris est quant à lui un point important pour séduire les clients qui souhaitent mettre en oeuvre des PRA (Plan de reprise d’activité).

« Nous avons trois arrivées télécoms (fibres optiques) à Magny permettant une connectivité entre nos centres ce qui permettra aux opérateurs de proposer leurs services à nos clients et ces derniers pourront aussi se raccorder aux noeuds d’échanges internet présents sur nos autres centres comme Telehouse 2″ souligne Gilles Pecqueron.

La dimension Green IT

Un tel centre se doit de contrôler chaque point qui peut l’être pour réduire son impact sur l’environnement. Pendant la visite, un membre de Telehouse en charge du suivi de la conception indique qu’il a été prévu le découpage des salles en allées froides/chaudes pour optimiser leur régulation thermique.

(lire la fin de l’article page suivante)Le système incendie est quant à lui à base d’azote, un produit naturel n’ayant aucun impact sur l’environnement. Les eaux de pluie seront récupérées dans un grand bassin à partir des toits des différents bâtiments pour permettre d’arroser les 3000 mètres carrés d’espaces verts avoisinants.

Pour les équipements informatiques, Gilles Pecqueron tient à indiquer que « nous monitorons chaque baie avec le système Adams et nous conseillons nos clients pour les aider à optimiser la consommation d’énergie de leurs infrastructures. »

Des projets seraient également en cours de discussion avec la communauté urbaine de Magny-les-Hameaux pour s’assurer du meilleur respect de l’environnement possible. Les équipes de Telehouse réfléchiraient notamment à la récupération de chaleur.

Difficultés pour recruter

Le prestataire ne s’en cache pas, il ne compte plus seulement louer de l’espace informatique. Il souhaite développer les services annexes pour assister les clients et à cette occasion, trouver de nouveaux relais de croissance.

« Par exemple, dès que survient un incident sur un équipement client, nous pourrons intervenir immédiatement en attendant que les équipes du client arrivent sur site », conclut Gilles Pecqueron.

En plus des ressources humaines internes, une dizaine de personnes sont en cours de recrutement pour assurer la maintenance du site et offrir les services d’assistance de premier ou de second niveau.

Gilles Pecqueron nous le confiera en quelques mots, la pénurie de profils hautement qualifiés est un problème pour l’industrie des centres de données. Mais la crise de l’emploi dans le secteur n’est pas un frein pour le développement de Telehouse. Pour preuve, plusieurs prospects auraient déjà manifesté leur intérêt pour s’installer dans le nouveau centre…

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