Téléphonie mobile : l’Afom s’auto-satisfait du chemin parcouru

Mobilité

L’Observatoire économique de la téléphonie mobile révèle le dynamisme du
marché mais cache mal les lacunes sur les nouvelles applications.

Pour l’Association française des opérateurs mobiles (Afom), les éléments de marchés fournis par l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) comme le Suivi trimestriel des Indicateurs Mobiles ne suffit pas. Le club des opérateurs mobiles français souhaitent également apporter sa contribution de marché à travers l’Observatoire Economique de la Téléphonie co-réalisée par l’Idate et C?-Rexecode.

Les résultats de la première étude ont été dévoilés jeudi 22 mars 2007. Quelques éléments diffusés sont intéressants à retenir. Les données brutes d’abord pour “peser” le marché : 51,7 millions de clients début 2007, un taux d’équipement mobile des foyers en France proche de 80 % (dans la moyenne européenne selon Bruxelles), un chiffre d’affaires consolidé de 21 milliards d’euros en 2006, 95 000 emplois directs et indirects en France en 2005 et des investissements estimés à 30 milliards d’euros en cumulé sur 15 ans à fin 2006. On se demande pourquoi l’Etat tergiverse sur la manière de délivrer la quatrième licence 3G quand on voit les recettes fiscales et taxes générées par le secteur mobile : 7 milliards d’euros dont 4 milliards au nom de la TVA en 2005.

Les MVNO occupent 5,7 % du marché

Le dynamisme du marché n’est plus à prouver avec l’émergence des opérateurs mobiles virtuels : l’Afom recense près de 30 acteurs aujourd’hui. Les MVNO et licences de marque ont pris 5,7 % du marché en moins de deux ans, faut remarquer l’Afom. “Surtout, ils ont gagné en moyenne plus d’un point de part de marché par trimestre en 2006”, précise l’organisation. A se demander si les opérateurs fondateurs (Orange, SFR et Bouygues Télécom) se réjouissent de cet éclatement du marché ou s’ils en pleurent.

D’un point de vue régulation, l’Afom n’est pas revenue sur la condamnation en appel des trois opérateurs mobiles pour entente illicite, pointant du doigt des pratiques effectuées dans le passé. En revanche, elle a souligné que la baisse des tarifs de terminaisons d’appel, imposée par l’Arcep, a eu un “impact de 2 milliards d’euros sur le chiffre d’affaires cumulé des opérateurs en 2006 et de 650 millions d’euros sur leur résultat”.

Au bout du compte, c’est le consommateur qui en profite avec une baisse affichée de 26 % du prix moyen de la minute pour les appels téléphoniques passés avec un mobile entre 2002 et 2006. Le temps de communication à partir d’un mobile augmente : + 37 % de l’usage du mobile entre 2002 (115 minutes d’appels par mois et par utilisateur) et 2006 (157 minutes). Même tendance mais plus accentuée pour l’envoi de SMS : hausse de 100 % du nombre moyen de SMS par client entre 2002 (13 SMS envoyés par mois) et 2006 (plus de 25).

Le consommateur français privilégié en Europe

Selon l’Afom, le consommateur français bénéficie d’offres plus avantageuses que ses voisins européens (anglais, espagnol, italien allemand), en termes de tarifs mobiles en France qui se situent “dans la fourchette basse” des pratiques observées sur d’autres marchés du Vieux continent. De plus, les opérateurs mobiles français redoublent d’efforts pour fournir gratuitement des services traditionnellement payants ailleurs comme la facturation à la seconde, l’absence de crédit temps ou tout simplement la messagerie vocale.

Dans ce premier Observatoire Economique de la Téléphonie, on regrette l’absence d’informations sur le multimédia et un premier bilan par les opérateurs sur l’introduction de la 3G en France, les services déployés et le manque d’intérêt des clients pour ce genre de services données sur mobiles. Sur ce point, il y avait matière à débattre.


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