TF1 ferme son service de disques à la demande

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A peine cinq mois après le lancement de son service de disques à la demande, TF1 jette l’éponge. Le nombre de titres proposés était insuffisant. Philippe Thorel, directeur général de MPO On-line, la société qui propose la gravure de compilations sur CD, déplore cette fermeture mais souligne également que seules 10 % des commandes qu’il enregistre sont passées en ligne, la majorité du reste se faisant sur catalogue.

A la veille de l’ouverture du 36e Midem (Marché international du disque et de l’édition musicale), TF1 ferme son service de disques à la demande, TF1Music.fr. Lancée en septembre dernier, l’offre permettait aux internautes de réaliser eux-mêmes une compilation puis de se la faire livrer par la poste, gravée sur CD (voir édition du 19 septembre 2001). C’est MPO On-line, filiale du professionnel du disque optique MPO (qui produit notamment les disques Hi-Space), qui a développé cette offre en direction de partenaires commerciaux. C’est ainsi qu’Alapage propose un service de CD à la demande (voir édition du 13 juin 2001). Face à la fermeture du service de TF1, Philippe Thorel, directeur général de MPO On-Line, se dit “désolé, mais pas surpris”. “Ce n’est jamais drôle de perdre un client”, confie-t-il avant de confirmer que “les résultats étaient en dessous des objectifs”. D’après lui, l’offre était insuffisante : “TF1 l’a dit, ils étaient déçus par le catalogue obtenu des maisons de disques.” Il est vrai que le nombre de morceaux proposés était limité. Le DG de MPO On-line explique les difficultés rencontrées par TF1 pour se fournir en titres par “les positions dures adoptées par les majors qui s’impliquent dans PressPlay et MusicNet”, et de ce fait refuseraient fréquemment à leurs filiales européennes de distribuer leurs titres par un autre biais. Philippe Thorel évoque également les autorisations qu’elles doivent obtenir des artistes pour les faire figurer dans une compilation.

Un CD compilé sur dix vient du Web

La fermeture de TF1Music.fr ne remet pas en question l’activité de MPO On-line, qui traite avec d’autres clients. Philippe Thorel souligne qu’il s’agissait d’un “projet tout on-line, tout Web”, ce qui n’est pas toujours le cas. “Seul un CD sur dix que nous compilons à la demande vient du Web”, explique-t-il, “la majorité du reste est commandée sur catalogue” et il existe également des services Audiotel. La réussite d’une telle offre dépend du public auquel on s’adresse. Philippe Thorel cite ainsi celle du Club-Med qui permet à ses “Gentils Membres” de réaliser leur compilation en puisant parmi seulement 150 titres. “Le nombre est suffisant”, explique-t-il, ce sont des morceaux qu’ils ont entendus lors de leur séjour en vacances. Philippe Thorel souligne la “forte demande” pour la réalisation de compilations personnelles d’un artiste qui aurait écrit une ou plusieurs centaines de chansons et possèderait un club de fans, typiquement le cas de Johnny Hallyday. Au-delà, il croit “que le CD à la demande va permettre de faire revivre des albums ayant existé mais n’étant plus distribués”. Et plus que tout, il miserait sur ce qu’il qualifie de “synergie des canaux”, à savoir une offre qui ne serait pas uniquement basée sur le Net.


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