TF1 sort le grand jeu dans la vidéo à la demande et l’e-commerce

Mobilité

Forte de ses honorables résultats, la filiale interactive du groupe audiovisuel déploie de nouveaux projets ambitieux.

Sur les slides présentés aux analystes financiers, la répartition des tâches est claire. TF1 est “créateur de programmes”, e-TF1 est “créateur de liens”. La filiale interactive du groupe audiovisuel présente une bonne santé financière : au premier semestre 2005, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 30,4 millions d’euros pour un résultat opérationnel de 1,8 million d’euros. D’ici la fin de l’année, e-TF1 devrait présenter un CA de 62 millions d’euros pour un résultat opérationnel situé entre 5 et 10 millions d’euros.

Le pôle interactif dispose d’une palette variée de lignes de business : publicité, commerce électronique, marketing direct et vente de contenus. La vente de bannières publicitaires constitue la première source de revenus. Au premier semestre, le chiffre d’affaires de la publicité en ligne a bondi de 33%.

Dans le monde des médias en ligne, la position d’e-TF1 est confortable. Non seulement la division interactive se targue d’exploiter le “premier site média” en France avec TF1.fr (3 millions de visiteurs uniques par mois selon Nielsen/NetRatings, en hausse de 50% par rapport à juin 2004), mais elle revendique également la première place en tant qu’éditeur de SMS Plus et de services audiotel. Mais là, les chiffres ne sont pas communiqués.

TF1 explore la vidéo à la demande

De nouveaux projets font leur apparition, en premier lieu la création d’un service de vidéo à la demande. Sa livraison est attendue début novembre. “Il s’agira d’un site autonome qui portera sur les marques TPS et TF1. Mais, dans tous les cas, nous serons l’opérateur”, déclare Christian Grellier, directeur général d’e-TF1. Le groupe audiovisuel compte s’appuyer sur les ressources qu’il détient à TF1 Vidéo mais aussi les droits cinématographiques acquis par TPS.

Le service sera déployé sur les réseaux de distribution Internet et télévision par ADSL. La réception du service VOD sera possible sur les ordinateurs et le poste de télévision. Des possibles affiliations entre le nouveau service VOD et des fournisseurs d’accès sont évoquées mais on n’en saura pas plus, “en raison de la concurrence”. Canal Plus prépare également de son côté une offensive VOD en s’appuyant sur la plate-forme de Moviesystem (et de sa vitrine grand public Netciné.fr). Un service que le pôle audiovisuel de Vivendi Universal avait acquis en mai 2004.

Parmi les priorités du deuxième semestre 2005 figure également la refonte du site féminin Plurielle, qui va devenir un site “de proximité, communautaire et consumériste”. “Nous gardons la marque mais nous détachons le site thématique du portail TF1.fr. Nous avons déjà effectué ce glissement pour notre site jeunesse Tfou.fr”, explique Christian Grellier.

D’autres développements thématiques sont prévus comme le relookage du sous-site dédié à l’actualité et la mise en place d’une chaîne “Voyage” sur le portail.

Après le commerce électronique, le commerce mobile

Sur l’année 2005, Téléshopping, le pôle téléachat du groupe TF1, devrait réaliser 20% de son chiffre d’affaires via Internet. Au premier semestre 2005, il a réalisé un chiffre d’affaires de 49,1 millions d’euros pour un résultat opérationnel de 5,9 millions d’euros. Téléshopping va créer une filiale commune avec e-TF1 dédiée au commerce électronique mais aussi au commerce mobile (m-commerce). Une version Téléshopping en i-Mode par Bouygues Télécom est déjà exploitée.

Le nouveau pôle e-marchand va également renforcer le service SurInvitation.com, un canal de vente en ligne apparu à la rentrée 2004 qui propose aux internautes d’adhérer à un club privilège. “Nous voulons rattraper notre principaux concurrent sur ce créneau qui est Vente-Privée.com”, explique Christian Grellier. Objectif : parvenir le plus rapidement possible à 800 000 membres de SurInvitation.com. Mais e-TF1 refuse d’indiquer le nombre d’adhérents actuels. Concurrence, quand tu nous tiens ?

e-TF1 et Eurosport derrière les sites de l’OM et de l’OL
Pour la première fois depuis sa création en janvier 99, Eurosport.com, dorénavant doté de six versions différentes en cinq langues, devrait se montrer “bénéficiaire” en 2005. Le site Internet rattaché à la chaîne de sport du groupe TF1 affiche 13 millions de visites par mois. Eurosport a signé un accord avec Alcatel pour développer des contenus haut débit liés à des applications rich media. En prolongement, Eurosport et e-TF1 développe la production et l’exploitation de sites Internet de clubs de football. Mi-juillet, ils ont ouvert la nouvelle version du site de l’Olympique de Marseille. Courant novembre, ce sera au tour du site de l’Olympique Lyonnais. Compte tenu des nouveaux droits en termes de télédiffusion accordés aux clubs, l’OM et l’OL peuvent proposer de la vidéo à la demande sur leurs sites Internet respectifs. Mais à certaines conditions : ils ne peuvent proposer les matches en direct mais, en revanche, la diffusion en différé est autorisée. e-TF1 réfléchit actuellement à la manière d’optimiser ce potentiel VOD. Mais les canaux de diffusion devraient ouvrir rapidement.

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