Tiscali se lance dans le Wi-Fi

Mobilité

L’opérateur Tiscali investit le marché du Wi-Fi à travers trois solutions d’accès : le classique modem ADSL Wi-Fi pour partager l’accès au Net à la maison, la carte prépayée universelle Wi-Fi pour les internautes nomades et, à titre expérimental, le Wi-Fi par satellite pour les zones enclavées.

Dans les prochains mois, Tiscali lancera une grande offensive sur l’accès haut débit sans fil. Le fournisseur d’accès Internet (FAI) a naturellement choisi le Wi-Fi comme technologie de communication sans fil. Sa standardisation et sa démocratisation permettent aujourd’hui de s’équiper à des coûts raisonnables (une carte PCMCIA Wi-Fi coûte aujourd’hui entre 60 et 110 euros environ) tout en offrant une qualité acceptable pour des services grand public.

Trois offres Tiscali seront prochainement disponibles, ou plus exactement deux offres commerciales et une offre expérimentale. D’abord un pack Wi-Fi, composé d’un modem/routeur ADSL Wi-Fi 802.11b (un Sagem Fast 1400) accompagné d’une carte Wi-Fi (probablement sous forme d’une clé USB), qui permettra aux ordinateurs familiaux de bénéficier d’une connexion haut débit à 512 Kbits/s sans s’encombrer de câbles. Couplé à une offre d’abonnement, ce pack modem Wi-Fi sera commercialisé à 200 euros pour la rentrée 2003. Tiscali n’est pas le premier FAI à proposer une solution d’accès haut débit sans fil. Wanadoo avait, en fin d’année 2002, proposé son pack eXtense sans fil, mais le protocole de communication retenu était Bluetooth et son coût frôlait les 380 euros (voir édition du 29 novembre 2002). Un tarif élevé et un choix technologique discutable qui expliquent peut-être qu’on ne retrouve plus de trace du pack sur le site aujourd’hui.

L’autre offre commerciale, disponible à partir de juillet 2003, s’adresse aux nomades. Il s’agit tout simplement d’une carte prépayée (20 euros les deux heures de communication) qui permettra de se connecter au Net à partir de son portable ou PDA via un point d’accès Wi-Fi (hotspot) public ou privé. Elle sera distribuée dans les points de vente habituels (bureaux de tabac, kiosques presse, etc.). Tiscali s’appuie évidemment sur son expertise de producteur de cartes téléphoniques pour commercialiser sa solution, qui se veut universelle. Le FAI a négocié son interopérabilité avec de nombreux opérateurs de spots Wi-Fi (Wifix, SFR/Télécom Developement, Kast, TLC, Visacom…) mais pas encore avec Orange, filiale mobile de France Télécom, qui compte pourtant ouvrir des centaines de points d’accès en France dans les prochaines années. Une carte prépayée virtuelle sera également commercialisée en ligne via un paiement par carte bancaire. C’est la première carte Wi-Fi dont l’universalité devrait simplifier la vie des internautes nomades. Parallèlement, le FAI affirme que son interface de connexion, basée sur le reversement à l’opérateur, se déploie en une journée. Tiscali espère ainsi séduire l’ensemble des acteurs du Wi-Fi, y compris Orange.

Du Wi-Fi dans les zones rurales

La dernière annonce autour du Wi-Fi est une expérimentation qui vise, à terme, à désenclaver les zones rurales où le haut débit (ADSL ou câble) demande des investissements trop élevés pour être commercialement exploitable. Tiscali va opérer un accès sans fil à l’échelle du village de Felletin (Creuse) via une offre couplée satellite/Wi-Fi. Concrètement, un satellite (Eutelsat) fournit un lien haut débit en voie descendante et montante vers une antenne relais du village. Laquelle, à la manière d’un gros hotspot extérieur, renvoie le signal vers les cartes Wi-Fi (dotées de petites antennes pour une meilleure réception) installées sur les ordinateurs des particuliers, dans un rayon d’accès de 300 mètres environ. L’offre expérimentale doit être lancée en juillet 2003, jusqu’à la fin de l’année, à la suite d’une autre expérience de boucle locale radio (BLR) que France Télécom abandonne. Là où la BLR nécessite des équipements spécifiques et donc coûteux, notamment pour les particuliers, le Wi-Fi permet d’accéder au haut débit via des produits standard et abordables financièrement. Une quarantaine d’abonnés par antenne relais suffit, selon Eric Denoyer, directeur du pôle télécoms de Tiscali, à rentabiliser l’offre. Si l’expérience est concluante, Tiscali devrait étendre sa solution à l’ensemble du territoire. Il se poserait alors comme un opérateur haut débit pour les collectivités locales et, à ce titre, un sérieux concurrent de France Télécom.


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