Titus Interactive à bout de souffle, rebondissement chez Ubisoft

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La liquidation judiciaire de l’éditeur français de jeux vidéo a été prononcée en début de semaine. Du côté d’Ubisoft qui doit faire face aux assauts de EA, Vivendi Universal Games pourrait jouer l’entremetteur.

L’année 2005 commence sous le signe de la morosité dans le secteur des jeux vidéo. Le 3 janvier, le tribunal de commerce de Meaux (Seine-et-Marne) a prononcé la liquidation judiciaire de Titus Interactive. Le groupe français d’édition de jeux vidéo avait été placé en redressement le 7 juin 2004. Après une période d’observation initiale de trois mois, il avait obtenu une rallonge de cinq mois. Mais ce répit n’a pas permis de déboucher sur une reprise des activités. Cette liquidation concerne toutes les entités du groupe multimédia.

La santé financière de Titus Interactive, coté sur le Nouveau marché d’Euronext Paris, était inquiétante. Sur son dernier rapport annuel disponible sur le site de l’Autorité des marchés financiers (AMF), il est indiqué que l’éditeur a réalisé un chiffre d’affaires de 46,5 millions d’euros entre 2002 et 2003 mais affichait une perte de 103,5 millions d’euros sur la même période. L’éditeur français de jeux vidéo réalisait 80% de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis en 2003 alors que la répartition géographique était plus équilibrée en 2002 (46% pour l’Europe et 53% pour l’Amérique du Nord).

Interrogé par le quotidien en ligne 18h.com, Jean-Claude Larue, délégué général du syndicat des éditeurs de logiciels de loisir (Sell), estime que la “mort de Titus était programmée”. “La valorisation de ses actions l’a conduit à faire de mauvaises acquisitions. Une euphorie dans la gestion avec des dépenses tous azimuts”, poursuit le représentant du Sell.

Création, licence et partenariats

Depuis sa création en 1985, Titus Interactive s’est appuyé sur trois axes de développement : création et production de jeux vidéo, politique intense de licences, développement des partenariats avec les constructeurs de consoles de jeux (Microsoft, Nintendo et Sony). Titus Interactive avait l’ambition de couvrir la clientèle qui consomme des jeux vidéo la plus large possible: les enfants et la famille sous sa propre marque avec des sorties comme Barbarian, Kao The Kangaro, Top Gun ou Robocop, les adolescents via les jeux Avalon (Falcone, Galleon…) et les adultes à travers des jeux phares comme Baldur’s Gate Dark Alliance ou Icewind Dale regroupés sous le label Interplay.

Au dernier pointage de sa cotation boursière (à septembre 2003), 61,16% du capital de Titus Interactive était placé en bourse. Parallèlement aux parts minoritaires des fondateurs (les frères Hervé et Eric Caen détenaient respectivement 3,36% et 3,34%), l’éditeur de jeux vidéo devait composer avec trois investisseurs : le Crédit Lyonnais (14,45%), le fonds d’investissement britannique GLG Partner et Syalis, une structure d’investissement du groupe TF1 (3,78%).

VU Games va-t-il contrer les ambitions d’EA sur Ubisoft ?
La direction d’Ubisoft n’a toujours pas digéré l’opération qualifiée de “sauvage” d’ Electronic Arts qui a récemment pris une participation de 20% dans le capital de l’éditeur de jeux vidéos sans coup férir (voir édition du 20 décembre 2004). Selon le journal financier L’Agefi, Ubisoft et Vivendi Universal Games ont déjà eu des “contacts préliminaires” en vue d’un éventuel rapprochement. Les deux parties n’ont émis aucun commentaire sur le sujet.

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