Les TPE françaises en manque de perspectives

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La 53e édition du Baromètre des TPE réalisé par l’Ifop pour la société Fiducial illustre la fragilité du tissu économique des TPE en France, au sortir d’une année 2013 marquée par une baisse globale d’activité et des destructions de postes.

Manquant de visibilité à court terme après une année noire marquée par une baisse d’activité et des destructions d’emplois, les patrons des TPE françaises restent circonspects face aux résolutions adoptées par le président de la République dans le cadre du Pacte de responsabilité.

Leur positionnement sur l’échiquier politique s’en ressent, à quelques mois des élections municipales. Et dans un contexte économique difficile, leur taux de confiance envers le gouvernement reste faible. Telles sont les principales conclusions établies par l’Ifop dans la 53e édition trimestrielle de son Baromètre des TPE réalisé pour le compte de la société Fiducial.

Les TPE, ces structures de 0 à 19 salariés, représentent aujourd’hui 96,8% du tissu national hors agriculture, services financiers et administration (source Insee). Elles comptent pour 27% de la richesse produite par les entreprises françaises. Mais sur l’ensemble de l’année 2013, leur activité recule de 0,5%, contrastant avec la croissance française (+0,3%).

54% des dirigeants interrogés déclarent n’avoir aucune visibilité sur les perspectives de leur société en 2014. Seuls 27% s’attendent à de meilleures performances qu’en 2013. A contrario, 19% anticipent une récession. Et plus d’un quart des répondants déplorent une trésorerie déficitaire au 31 décembre 2013.

En outre, seuls 12% ont augmenté leurs effectifs au cours de l’année ; 16% les ont réduits ; 8% affirment avoir supprimé des postes “en lien avec une situation financière toujours instable et fragile”. Parmi les 28% de chefs d’entreprise qui n’ont pas recruté depuis au moins deux ans, 70% évoquent le montant trop élevé des charges sociales et des impôts (24% mentionnant l’absence de croissance).

En prenant également en compte les entreprises qui employaient des salariés en 2012 et qui sont devenues sans salariés en 2013 (9%), environ 300 000 TPE ont réduit leurs effectifs en 2013, tandis que seulement 120 000 les augmentaient. Les perspectives sont toutefois plus ambitieuses pour cette année : 84% des patrons comptent maintenir leurs effectifs à l’identique ; 10% espèrent créer des emplois. 22% se disent d’ailleurs optimistes pour le climat général des affaires (+ 4 points en trois mois), 47% faisant preuve de positivisme pour leur propre activité (+ 3 points).

Certains dirigeants se montrent également séduits par le changement de ligne politique de François Hollande. Pour autant, ils sont, au global, 45% à avouer ne pas avoir pris connaissance des mesures annoncées le 14 janvier dans le cadre du Pacte de responsabilité. Parmi ceux qui se disent “informés”, plus de la moitié (52%) reconnaissent “une prise en compte des enjeux et difficultés des entreprises”.

70% jugent efficaces les propositions sur la modernisation de la fiscalité. 61% soulignent la pertinence des résolutions qui concernent la diminution du nombre de normes pour les entreprises. En revanche, seulement 33% estiment que cette politique fera baisser le coût du travail. Une proportion similaire (30%) y voit un levier de croissance et d’emploi. En outre, pour 78% des intéressés, ces annonces de la Présidence ne se concrétiseront pas.

A quelques semaines des élections municipales, près des deux tiers des patrons font part de leur “intention ferme” de se rendre aux urnes. Les trois quarts d’entre eux orienteront leur vote en fonction de “préoccupations locales” : l’emploi (52%) et les impôts locaux (48%). Si 80% des dirigeants se disent satisfaits de la commune dans laquelle ils exercent leur activité, 21% semblent décidés à sanctionner la politique de l’exécutif.

Les suffrages se portent d’ailleurs majoritairement sur la droite : 32% souhaitent voir une liste UMP emporter la mairie de leur commune. 6% plébiscitent le Front national. 3% choisissent l’UDI. 28% espèrent une victoire de la gauche (17% d’intentions de vote pour le PS).

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