Très haut débit : la Chine fait sa transformation numérique

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La Chine compte investir 180 milliards de dollars d’ici à 2017 pour développer ses infrastructures de réseaux télécoms, avec la 4G et la fibre en tête de liste.

Plus de 180 milliards de dollars. C’est la somme que le gouvernement chinois compte investir, d’ici à fin 2017, pour développer les connexions Internet dans tout le pays.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un plan échelonné à l’horizon 2025 et qui vise à lancer une nouvelle phase de croissance économique en s’orientant vers une industrie de services, dans des secteurs comme l’aérospatiale, la bio-ingénierie et le commerce électronique.

Les travaux se porteront essentiellement sur la 4G et la fibre optique, avec le concours des trois opérateurs nationaux, tous détenus par l’Etat : China Mobile, China Unicom et China Telecom. Lesquels se sont engagés à augmenter, « dès cette année », les capacités de leurs réseaux respectifs, tout en proposant des offres plus accessibles en termes de prix.

Environ un tiers de l’enveloppe débloquée par Pékin (430 milliards de yuans en l’occurrence, soit environ 70 millions de dollars) devrait être alloué, en 2015, au renforcement des infrastructures. Le niveau d’investissement restera élevé les deux années suivantes, à plus de 110 millions de dollars, selon Reuters.

La marge de progression est importante pour la deuxième économie mondiale, qui ne se classe que 82e dans le monde au dernier baromètre d’Akamai (fournisseur de CDN) sur la vitesse moyenne de connexion à Internet : 3,4 Mbit/s.

C’est plus faible qu’en Thaïlande, en Malaisie ou encore à Taïwan. Et surtout, la vitesse n’augmente que très peu d’une année sur l’autre (+ 2,1 %), alors qu’avec 125 millions d’adresses IP uniques répertoriées au 31 décembre 2014, la Chine s’impose dans l’absolu comme une puissance mondiale en matière de représentativité sur le Net.

La connectivité mobile est plus avancée, avec une moyenne de 5 Mbit/s et plus de 60 % des accès se faisant à au moins 4 Mbit/s (contre 27 % en y combinant l’internet fixe). C’est toutefois moins élevé qu’au Japon (8,3 Mbit/s), mais aussi à Singapour (8,2 Mbit/s) et à Hong Kong (6,3 Mbit/s).

Au dernier pointage d’Ericsson, on comptait, en Chine, près de 1,3 milliard de lignes mobiles actives, sur un total d’un peu plus de 7 milliards dans le monde. Des chiffres qui pourraient augmenter avec l’ouverture – effective depuis peu – du marché du haut débit aux entreprises privées. Quoique cette initiative concernera surtout le fixe, avec l’objectif d’atteindre une « vitesse de croisière » de 50 Mbit/s dans les villes d’ici à 2020.

Au-delà des infrastructures, restera la question des contenus. Les autorités sur place imposent de strictes mesures de censure sur les plates-formes Internet. L’accès n’est libéralisé que dans quelques zones franches, dont celle de Shanghai, destinée à renforcer l’attractivité du territoire et ainsi à attirer les capitaux étrangers.

La Chine disposerait de près de 2 millions d’agents en mesure de contrôler la diffusion d’information sur les blogs et les réseaux sociaux. Ces censeurs du net sont décrits par le parti communiste chinois comme des « analystes de l’opinion publique ».

Crédit photo : Anton Balazh – Shutterstock.com


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