Très haut débit : première offensive commerciale de Noos/Numéricâble

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Le nouvel ensemble câblo-opérateur lance une offre d’accès à 100 Mbit/s.
D’ici fin 2007, il veut toucher 9 millions de foyers français.

Le câble va-t-il prendre sa revanche sur l’ADSL? A l’heure où la fibre optique et des bandes passantes record sont évoquées en termes de projection, Noos/Numéricâble passe à l’acte. Le 4 décembre, le câblo-opérateur lancera une offre d’accès Internet à 100 Mbit/s dans une dizaine de villes françaises. Pour 30 euros (29,90 euros précisément) par mois. A ce tarif, seul l’accès Internet est proposé. Les services de téléphonie et de télévision sont en sus. Mais avec la bande passante dédiée. Soit 700 Mbit/s en moyenne pour la télévision et 300 Kbit/s pour le téléphone. Au total, un abonné à l’offre triple play 100 Mbits/s de Noos/Numéricâble bénéficiera de 1 Gbit/s environ.

Globalement, l’offre à 100 mégabits alourdira la facture de 10 euros par rapport aux tarifs des pack proposés actuellement. Celle-ci restant naturellement optionnelle. Le tarif de l’offre triple play actuelle (Internet 30 mégas, 134 chaînes et le téléphone illimité) démarrant à 40 euros, les premiers prix de l’équivalent à 100 mégabits s’élèveront à 50 euros. Si Lyon, Marseille, Nantes ou Bordeaux sont dores et déjà concernées par la nouvelle offre, Paris devra patienter jusqu’en 2007 pour commencer à bénéficier de ces nouveaux débits records.

Un décalage due à la nécessaire mise à jour du réseau. Celui-ci s’appuie sur la technologie IP Next-Generation Network (IP NGN) de Cisco et bénéficie désormais des normes DOCSIS 3.0 (ou EuroDOCSIS) définie pour assurer le transfert de données à vitesse élevée sur un système existant de télévision par câble. En adoptant cette norme, Cisco assure qu’il pourra faire évoluer la bande passante du réseau au-delà des 100 Mbit/s aujourd’hui évoqués.

Une avance structurelle sur les opérateurs de téléphonie

De plus, en prolongeant le réseau en fibre optique jusqu’aux pieds des immeubles, le câblo-opérateur entend éliminer les problèmes techniques qu’il rencontrait à travers les amplificateurs de signal nécessaires au f onctionnement du réseau en coaxial. La dernière partie du réseau, du pied de l’immeuble jusqu’au domicile de l’abonné, reste en coaxial. Ce qui évite de nouveau déploiements de câbles (et les travaux qui les accompagnent) et de nouveaux équipement terminaux tout en garantissant l’ultra haut débit (l’abonné n’aura qu’à rebooter son modem-câble pour le mettre à jour de son côté).

Noos/Numéricâble laisse d’ailleurs entendre qu’il pourrait ouvrir ses fourreaux aux opérateurs concurrents, comme le préconise le nouveau plan d’action du gouvernement dans le cadre du Forum du très haut débit.

L’initiative de Noos pourrait contrecarrer les ambitions des opérateurs télécoms, notamment de Free qui a annoncé une offre à 50 Mbit/s pour le premier semestre 2007. Certes, l’offre de Free intégrera la téléphonie et la télévision pour 30 euros par mois. Mais son réseau (comme ceux de Neuf Cegetel ou de France Télécom) reste à déployer.

Noos/Numéricâble prétend pouvoir accélérer la mise à jour de son réseau pour l’achever d’ici la fin 2007. Plus de 9 millions de foyers raccordables seront alors en mesure de bénéficier des 100 mégabits. A mettre en perspective avec les ambitions de François Loos, ministre délégué à l’Industrie, qui espère atteindre les 4 millions d’abonnés très haut débit pour… 2012.


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