Uber fera son choc culturel avec Travis Kalanick

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Dans une passe délicate, Uber esquisse des pistes de « changement culturel » et assure que son CEO Travis Kalanick restera en poste dans ce cadre.

Les derniers événements n’en donnent peut-être pas l’impression, mais la situation est sous contrôle.

C’est, en substance, le message qu’Uber a tenté de faire passer ce mardi dans le cadre d’une conférence téléphonique aux accents très féminins : Rachel Holt (qui supervise l’activité aux États-Unis et au Canada) était présente, tout comme Liane Hornsey (responsable RH), Rachel Whetstone (directrice communication) et Arianna Huffington (membre du board).

Discret depuis le bad buzz engendré par la publication d’une vidéo dans laquelle il entretient une discussion pour le moins houleuse avec un chauffeur, le CEO Travis Kalanick n’était pas de la partie. Officiellement, son temps était pris par les entretiens réalisés dans l’optique d’embaucher un directeur des opérations « pour le seconder ».

Les investisseurs doutent

« Travis a appris à déléguer », a résumé Arianna Huffington.

La fondatrice du Huffington Post est formelle : un « bouleversement » se prépare dans la culture de l’entreprise, avec un « recentrage sur l’humain ». Un premier rapport sur la diversité au sein des effectifs doit être publié fin mars, début avril. S’y assortiront les résultats de l’enquête « indépendante » commissionnée pour faire la lumière sur les pratiques actuelles du management.

Des voix se sont élevées contre l’équipe constituée pour mener cette investigation.

Illustration chez Mitch et Freada Kapor*. Dans une lettre ouverte du 23 février 2017, le couple d’investisseurs regrette qu’Uber ait choisi Eric Holder pour superviser la procédure : celui qui fut procureur général des États-Unis entre 2009 et 2015 « travaille avec [la société] depuis au moins juin dernier » pour la défendre dans l’affaire des contrôles biométriques.

Couper court au sexisme

Si Arianna Huffington a affirmé ne pas être impliquée dans l’enquête, reste Liane Hornsey, elle aussi employée chez Uber… et dont l’impartialité peut par là même être remise en doute, selon les Kapor.

L’intéressée a évoqué, dans le cadre de la conférence téléphonique, une volonté d’optimiser les processus RH pour « ne pas laisser de place au harcèlement et au sexisme ». Des pratiques décrites comme « monnaie courante » par une ex-ingénieure dont le billet de blog publié le 19 février avait allumé la mèche.

D’autres témoignages ont suivi, faisant état de l’inaction, voire de la mauvaise foi du département des ressources humaines, sur fond de querelles hiérarchiques.

(Re)conquérir les chauffeurs

Face à ces déclarations, Uber a établi 9 axes de travail et planche notamment sur une refonte du système d’évaluation en interne, comme le souligne TechCrunch. Plus d’un millier de descriptions de postes ont par ailleurs été mises à jour « pour s’assurer d’éliminer tout marqueur de discrimination ».

Du côté de Rachel Holt, on admet la nécessité d’« humaniser » la relation avec les chauffeurs. Cela passera par une lisibilité accrue des revenus et charges, mais aussi des améliorations apportées à l’application, comme la possibilité de modifier le lieu d’une prise en charge sans annuler le trajet en cours.

* « La croissance et la valorisation d’une société n’excusent pas une culture plombée par le non-respect, l’exclusion et le harcèlement », déclarent les Kapor.

Crédit photo : Uber


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