Uber entre en phase de conciliation avec l’Europe

Régulations
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Uber estime pouvoir créer 50 000 emplois cette année en Europe… à condition que les autorités assouplissent les règles relatives à son exercice.

Créer 50 000 emplois en 2015, réduire l’empreinte écologique des transports, mieux desservir les zones blanches et favoriser la croissance économique… en échange d’un assouplissement des règles : tel est le pacte proposé par Uber à l’Europe.

La société californienne, qui exploite plusieurs services favorisant la mise en relation de chauffeurs et de passagers, a ouvert la table des négociations ce dimanche 18 janvier, dans le cadre de la conférence Digital-Life-Design, organisée à Munich (Allemagne).

Le CEO Travis Kalanick a fait part de sa volonté d’établir de “nouveaux partenariats” avec les villes autour de deux axes principaux : l’innovation technologique et l’exploitation des données. Avec plusieurs objectifs : non seulement fluidifier le trafic et réduire les émissions de CO2 en retirant 400 000 véhicules des routes, mais aussi étendre plus efficacement les réseaux de transport public dans une logique d’intermodalité.

Uber compte bien évidemment placer son offre au coeur de cette problématique. Il s’agira de proposer des tarifs suffisamment bas pour que l’utilisation de ses services devienne “plus avantageuse que de posséder une automobile”. Le tout en assurant aux conducteurs des revenus substantiels et en aidant à la création d’emplois à plein temps.

Sur ce dernier point, Uber estime avoir créé quelque 7600 postes en un peu plus de quatre ans à San Francisco ; près de 14 000 en trois ans à New York ; et environ 10 000 en deux ans et demi à Londres (900 000 résidents de la capitale britannique et de ses alentours s’étant déjà improvisés au moins une fois chauffeurs pour le compte de tiers).

L’appel du 18 janvier

Estimant que 96 % des voitures passent au moins 23 heures par jour immobilisées et qu’elles occupent en moyenne 15 % de l’espace urbain, Travis Kalanick insiste sur les bénéfices qu’engendrera le développement du réseau uberPOOL, basé sur l’offre uberPOP et présenté comme un service de covoiturage (cette appellation a valu à Uber une condamnation en France).

Le CEO de l’entreprise américaine – valorisée à 45 milliards de dollars après sa dernière levée de fonds – affiche également sa volonté de coopérer avec les gouvernements pour définir un cadre législatif assurant la sécurité des utilisateurs. Pour appuyer son propos, il mentionne le programme de certification mis en place par Uber : des dizaines de milliers de conducteurs potentiels n’auraient pas passé cette épreuve “hautement sélective”.

Tout en s’attachant à dissiper les doutes en matière de concurrence sur le marché du transport léger de particuliers, Travis Kalanick a insisté sur l’importance, pour les villes, de “lever les limites relatives au nombre d’emplois dans le secteur des transports [et d’assouplir] le système actuel de licences [pour faciliter l’exercice] de ceux qui souhaitent se constituer un complément de revenus en conduisant quelques heures“. Et de rappeler qu’en 2014, une vingtaine de juridictions aux Etats-Unis ont voté de nouvelles lois pour encadrer les activités d’Uber.

L’année 2015 s’est ouverte dans un climat d’incertitude pour l’exploitant de VTC soutenu notamment par Google. Sa présence dérange et la grogne monte à l’encontre de ses pratiques. En France, les sociétés de taxis s’indignent que les chauffeurs d’Uber ne soient pas soumis à cette loi qui leur impose actuellement d’obtenir, avant de circuler, une Autorisation de Stationnement (AdS)… et une licence qui se monnaye pour environ 250 000 euros.

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Crédit photo : Gualberto Becerra – Shutterstock.com


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