UBL, nouvel étage à la tour de Babel des échanges B to B

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Une nouvelle brique au chantier des échanges électroniques B to B sera apportée dans les prochains jours par le consortium OASIS. Il s’agit d’UBL, une bibliothèque qui fournit des documents commerciaux XML standardisés. Une étape supplémentaire dans le processus long, complexe mais crucial de l’élaboration d’une sémantique métier universelle.

OASIS (Organization for the Advancement of Structured Information Standards), consortium international à but non lucratif impliqué dans le développement de spécifications d’interopérabilité dédiées au commerce électronique, publiera la semaine prochaine une préversion d’UBL (Universal Business Language). UBL est une bibliothèque de documents XML relatifs aux échanges commerciaux, tels les factures, les ordres d’achat, les notifications d’expédition… L’enjeu d’UBL est de permettre, par exemple, qu’une facture émise par une entreprise puisse être reconnue comme telle et traitée automatiquement par le système informatique de son débiteur. Le prélancement d’UBL a pour objectif de susciter commentaires et remarques, en vue d’une publication de la première version courant 2003. Le groupe de travail a été mis en place en novembre 2001.

La mise au point d’UBL s’inscrit dans les démarches menées par les diverses instances de normalisation visant à stimuler le développement des échanges électroniques interentreprises ou B to B. Il complète un autre standard développé conjointement par OASIS et les Nations unies, ebXML, ratifié au printemps 2001. Alors qu’UBL traite de la normalisation du contenu des documents commerciaux, ebXML vise à décrire les processus d’affaires menés via Internet par des partenaires commerciaux : gestion des propositions commerciales, appels d’offres, etc.

“Comprendre” les documents XML

UBL et ebXML enrichissent les standards des services Web qui, eux, ne concernent que les couches basses des échanges B to B et visent à rendre les applications distantes interopérables d’un point de vue technique uniquement. Avec UBL ou ebXML, c’est tout le problème de la sémantique métier qui est posé. Car si le langage XML permet d’élaborer aisément des documents lisibles par un partenaire, ceux-ci ne peuvent, en l’absence de précisions d’ordre sémantique, être “compris” et pris en compte par le système informatique du partenaire.

Cela dit, ces problématiques ne sont pas nouvelles pour les entreprises. Elles disposent depuis 1986 d’une syntaxe, Edifact, qui a été progressivement adoptée massivement dans les années 90 par les grandes entreprises de certains secteurs comme la grande distribution. Par rapport à Edifact, l’enjeu des nouveaux standards XML dédiés aux échanges commerciaux électroniques est d’une part de pallier les insuffisances d’Edifact : ils doivent ainsi autoriser des traitements multimédias – notamment la transmission d’images – et interactifs, là où l’EDI traditionnel ne permet que des traitements batch. D’autre part, leur mission est de réduire le ticket d’entrée du commerce électronique de sorte que les PME-PMI puissent y prendre part. Des économies sont ainsi apportées en transmettant les messages via Internet et non par le réseau à valeur ajoutée propriétaire d’un opérateur EDI. De même, lorsque deux partenaires souhaitent automatiser leurs échanges commerciaux, UBL vise à éviter de développer une “moulinette” informatique afin de traduire les documents commerciaux dans un format que les systèmes informatiques de l’un et l’autre comprennent.

Des questions demeurent

La finalisation prochaine d’UBL est donc à marquer d’une pierre blanche. La grande interrogation reste sa prise en compte ainsi que celle d’ebXML par les acteurs de l’industrie informatique, et au premier chef par les éditeurs de PGI destinés aux PME-PMI puisque ce sont principalement pour ce type d’entreprises qu’ils ont été conçus. Il revient donc à ces éditeurs d’en assurer la promotion.

Il reste également à mettre ces standards à l’épreuve des faits : certains experts doutent qu’il soit possible de définir des formats commerciaux valant pour les entreprises de tout type de secteur. C’est leur universalité qui est ainsi remise en cause. Et peut être certains secteurs seront-ils amenés à les adapter à leurs besoins, au détriment de l’interopérabilité universelle.

La définition d’un vocabulaire commun intersectoriel pour les échanges électroniques B to B est en tout cas un des chantiers les plus ardus auquel l’industrie informatique est confrontée. Il est beaucoup plus difficile à mener à bien que les briques de base des services Web. En outre, si ces travaux aboutissent, leur adoption par les entreprises ne pourra être que très progressive. Rappelons qu’il a fallu plus de 10 ans pour qu’Edifact soit déployé à une large échelle par les grandes entreprises, et encore dans certains secteurs seulement.


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