UFC-Que Choisir : “Les FAI ne peuvent gérer seuls la mutualisation des réseaux FTTH”

Mobilité

En marge du cas de l’immeuble de la rue Balard, Vnunet.fr a interviewé l’association de défense des consommateurs sur les conditions de déploiement du FTTH.

Face au flou règlementaire concernant le déploiement de la fibre optique à domicile comme le démontre le cas de l’immeuble de la rue Balard à Paris, UFC Que-Choisir invite les syndics à patienter pour éviter des déploiements “exclusifs” conduisant à un monopole de certains opérateurs. Vnunet.fr a interviewé Edouard Barreiro, chargé de mission des technologies de l’information et des communications (TIC) et du commerce pour le compte de l’association de défense des consommateurs, à propos de ce “double raccordement d’immeuble”.

Interview réalisée par Nicolas Guillaume le 12 décembre 2007.

Vnunet.fr : Un immeuble, deux infrastructures distinctes… qu’en pensez-vous ?
Edouard Barreiro : C’est effectivement assez incroyable. Tout cela montre la fragilité des accords entre les FAI, mais aussi de leurs engagements envers les consommateurs. Les FAI ne peuvent, bien qu’ils le clament haut et fort, gérer seuls la mutualisation.

Vnunet.fr : Que préconisez-vous aux syndics et autres promoteurs immobiliers ? Ne faudrait-il pas envisager que la partie terminale appartiennent aux syndics?
Edouard Barreiro: Nous conseillons aux syndics d’attendre qu’un encadrement réglementaire soit mis en place. Car aucun engagement de la part des FAI, aucun accord entre FAI, ne garanti que ce type de soucis n’arrive pas encore. Un syndic pourrait, par exemple, être contraint de fibrer une deuxième fois un immeuble pour pouvoir se séparer d’un FAI qui aurait été indélicat ! Par ailleurs, toutes les technologies ne se valent pas. Ainsi, le GPON et le P2P n’offrent pas les mêmes possibilités et n’ont pas les mêmes contraintes. Par exemple, avec le GPON on ne peut dégrouper, de manière isolée, un individu. Or, on ignore encore comment fonctionnera concrètement ce marché dans l’avenir. Que la partie terminale appartienne aux syndics serait effectivement une solution intéressante. Cependant, le coût de cette démarche risquerait de sérieusement ralentir le développement du très haut débit. Par contre, il pourrait être opportun de prévoir l’installation de ces infrastructures lors de la réalisation de nouvelles constructions.

Vnunet: En l’état actuel, faut-il que le régulateur et/ou législateur intervienne d’urgence sur ce dossier ?
Edouard Barreiro : Oui, l’intervention de l’ARCEP doit être rapide. D’une part, car les FAI sont en train de fibrer des habitations dans un contexte réglementaire des plus incertains, d’autre part, parce qu’il est important d’accompagner la construction de ce réseau pour ne pas en freiner le développement. En effet, si il n’y pas d’urgence dans l’immédiat pour le consommateur d’opter pour le très haut débit (le contenu n’existe pas encore), il ne faudrait pas non plus que l’incertitude devienne un frein durable au développement de cette technologie ! L’ARCEP doit réguler la mutualisation pour garantir à tous les FAI et à un tarif raisonnable un accès à la partie terminal de la fibre. Par ailleurs, il est nécessaire d’harmoniser un minimum les technologies déployées pour que des déséquilibres n’apparaissent pas entre les consommateurs. Pour cela le législateur doit doter l’ARCEP des compétences adéquates.


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