Ultra haut débit : CitéFibre déploie la fibre au coeur de Paris

Mobilité

Ce nouvel opérateur inaugure des offres de fibre optique à domicile avec un débit de 100 Mbits/s dans un arrondissement de la capitale.

La fibre optique à domicile (fiber to the home ou FTTH) fait vibrer plus d’un opérateur. Cette technologie ultra haut débit, qui promet un débit symétrique théorique de 100 Mbits/s, est au centre du projet de Citéfibre, qui vient d’ouvrir ses portes.

Objectif : couvrir Paris en FTTH

Le nouvel opérateur vient de lancer ses premières offres commerciales en se concentrant sur le 15e arrondissement parisien avant d’élargir au fur et à mesure sa zone d’activité dans les autres quartiers de la capitale.

A terme, l’objectif est de couvrir Paris intra-muros “d’ici quelques années”. D’ici fin 2006, il estime qu’il disposera de 20 000 lignes raccordables.

Cela fait un an que CitéFibre a été constituée sous la forme d’une Société par Actions Simplifiées (SAS) à conseil de surveillance. Le projet ultra haut débit est soutenu par NicomInvest, un fonds d’investissement spécialisé dans la création d’opérateurs télécoms, qui a investi 3,5 millions d’euros.

Après cette phase d’amorçage, CitéFibre vise maintenant un premier tour de table destiné à l’accompagner dans son développement

Un projet dirigé par un expert de la fibre

Une phase de test sur plusieurs centaines de logements parisiens s’est déroulée tout au long de l’été. “Il existe une vraie demande de très haut débit qu’il ne faut pas négliger”, assure Dominique Lancrenon, président du directoire de CitéFibre.

Dès 1995, ce dirigeant, qui occupait le poste de directeur de la filiale française de MFS Communications, a exploré le potentiel de la fibre optique en obtenant la première licence en France. Il a ensuite pris en charge la fusion des équipes de WorldCom puis de MCI installées dans l’Hexagone.

Une première offre à 49 euros

Pour son démarrage commercial, CiteFibre propose deux offres FTTH : une première formule standard (offre Access) à 49 euros TTC par mois et une seconde plus haut de gamme (offre Premium) à 59 euros TTC. Détail non négligeable : le service clientèle est gratuit.

Instinctivement, c’est la cible grand public qui semble privilégiée mais l’opérateur voudrait également décliner son offre pour les entreprises installées dans Paris.

Point commun entre les deux offres “100% IP” : le triple play d’emblée. Outre l’accès Internet à très haut débit, CiteFibre propose la téléphonie et la télévision sur IP.

Le bouquet audiovisuel de l’offre Premium est plus étoffé : le client dispose d’une cinquantaine de chaînes et de l’accès à un service de vidéo à la demande. En attendant des innovations broadband comme l’accès à la télévision haute définition.

Pour l’offre de base, il faudra se contenter des chaînes hertziennes traditionnelles et de la programmation issue de la télévision numérique terrestre. “Nous sommes en discussion très avancée avec Canalsat pour développer notre offre”, précise Dominique Lancrenon.

Exploitation des égouts de Paris

Comment CitéFibre élabore-t-il son réseau ? L’infrastructure en fibre optique est déployée par l’intermédiaire du réseau des égouts de Paris. En février 2005, une convention pour occuper les domaines publics a été signée avec la Mairie de Paris. Pour la partie équipements de réseaux et de terminaux finaux installés à domicile, CiteFibre fait appel à des sous-traitants comme Sagem et Anevia. L’opérateur alternatif Axione, qui a récemment intégré le groupe Bouygues (voir édition du 3 octobre 2005), intervient dans le domaine de la voix sur IP. TelCité, filiale télécoms de la RATP, est également sollicitée.

On le devine à travers son positionnement : CitéFibre va concurrencer en premier lieu les offres multiservices déployées par les câblo-opérateurs Noos-UPC ou Numéricâble.

Le premier a récemment lancé une expérimentation d’accès à 100 Mbits/s dans les Hauts-de-Seine (voir édition du 19 octobre 2005), tandis que le second indique préparer une offre commerciale d’accès ultra haut débit pour la fin de l’année (voir édition du 20 octobre 2005). Vivifiant, non ?


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