Un centre pour la cyber-sécurité aux Etats-Unis

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Les réactions aux attaques du Web sont vives aux Etats-Unis. Bill Clinton voudrait créer une agence spécialisée dans la lutte contre la cyber piraterie, en association avec des représentants du secteur privé.

Pour répondre aux problèmes de sécurité du réseau, suite aux attaques subies par de grands sites américains (voir édition du 9 février 2000) , le président américain Bill Clinton serait sur le point de demander une rallonge de 9 millions de dollars au Congrès (où siègent les sénateurs américains) pour la création d’un organisme chargé de veiller et de répondre aux attaques de hackers. Ce serait l’un des résultats de son appel à concertation, qui a permis de réunir autour d’une table des dirigeants de grandes sociétés informatiques, des spécialistes de la sécurité et même un pirate, uniquement connu sous le sobriquet de “Mudge”.

Une des caractéristiques de cet organisme est qu’il serait destiné à rester dans le domaine privé, tout en étant, au début tout du moins, financé par des fonds publics. Certains y voient le reflet d’une manoeuvre politique du gouvernement américain et de ses services secrets leur permettant d’accentuer leur pouvoir de régulation du Net. “Personnellement, je n’y crois pas”, nous a expliqué Daniel Kaplan, spécialiste de l’Internet, membre du “chapitre français” de l’Internet Society, et récent fondateur de la Fondation pour l’Internet de Nouvelle Génération (FING). “Les grands complots de ce genre ne font jamais long feu, on trouve toujours quelqu’un pour dénoncer l’affaire, par intérêt électoral ou financier. De plus, il n’est pas choquant de voir le gouvernement donner un coup de pouce à l’industrie. D’énormes intérêts économiques sont en jeu, y compris pour le pays. Cela permet également de donner une légitimité supplémentaire à l’action entreprise par les grandes sociétés”.

Reste que l’initiative américaine risque également de porter un coup au respect de la vie privée. “Il y a forcément un effet de balancier”, continue Daniel Kaplan. “Soit on est complètement anonyme et le réseau est à la merci du moindre pirate, soit on accepte d’être un peu traçable en contre-partie d’une meilleure protection de l’infrastructure du réseau”. Le tout est de savoir sous quelles conditions l’identité d’un internaute peut être dévoilée, sous quelle autorité et avec quels moyens. Il reste encore énormément de pain sur la planche à tous les acteurs du réseau pour répondre à ces questions de fond.

En France, on est loin d’avoir atteint un tel degré de concertation entre les pouvoirs publics et les acteurs privés. Mais il faut dire aussi que les attaques ont bien montré, si besoin était, la prééminence de l’Internet américain. Les débats ont tout de même déjà commencé, avec notamment l’amendement “Bloche” à la loi sur la liberté de communication, du nom du député l’ayant présenté, qui proposait de ne pas rendre responsables les hébergeurs du contenu des pages Web stockées sur leurs serveurs mais de leur faire obligation d’aider la justice à parvenir jusqu’à l’auteur de contenus illégaux. L’amendement a finalement été rejeté par le Sénat mais la question reste en suspens. De nombreuses associations, telles la FING ou IRIS, militent pour un développement de l’Internet cohérent et respectueux des intérêts de chacun.

Pour en savoir plus :

* FING

* Iris

* Le portail Internet du gouvernement


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