Un iMac à écran plat, combien ça coûte ?

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A moins de deux semaines de l’ouverture de MacWorld, les différentes rumeurs autour de la sortie d’un nouvel iMac muni d’un écran plat posent une question cruciale : Apple est-elle en mesure de proposer un tel produit aux mêmes niveaux de prix que l’actuel iMac ? Infaisable ?

Malgré le doute qui plane encore sur la véritable date de sortie d’un remplaçant de l’actuel iMac, sa disparition est programmée. Les machines de bureau grand public ou professionnelles d’Apple semblent, quoi qu’il arrive, devoir être revues et corrigées durant l’été ou d’ici à l’Apple Expo fin septembre. La rumeur veut que le nouvel iMac disposerait d’un écran plat et devienne le cheval de bataille du lancement de Mac OS X auprès du grand public (voir édition du 6 juin 2001). MacWorld New York paraît bien placé, juste avant les vacances d’été, pour voir cette machine apparaître. Le possible (re)lancement en fanfare de Mac OS X, tel qu’il avait été envisagé par l’équipe de direction d’Apple, milite également pour le renouvellement du successeur de l’appareil qui a ressuscité Apple. Mais la firme pourra-t-elle poursuivre sa politique de prix d’entrée de gamme avec un ordinateur équipé d’un écran plat ? Un peu de sagacité et une calculette s’imposent.

Si on réalise une décomposition du prix de l’actuel iMac, on perçoit immédiatement la complexité de l’équation : la machine à la Pomme est proposée à près de 8 000 francs TTC, soit 6 681 francs HT en France. Ce prix comporte, hors les habituelles marges commerciales (de 5 à 7 %) et de risques divers, la marge brute Apple, que les experts estiment globalement à 27 %. Sans doute moins, compte tenu de la position d’entrée de gamme de cette machine. L’un dans l’autre, la déduction de ce niveau de marge fait apparaître un coût de revient qu’on peut estimer à près de 5 000 francs. Ce coût inclut celui de l’écran de l’iMac, généralement considéré de bonne qualité, bien que trop petit. Sur le marché, des écrans de taille similaire mais d’un niveau de qualité moindre peuvent être trouvés à 1 250 francs. Retenons ce tarif pour déduire le coût de la machine hors écran. Nous parvenons à un niveau de prix (sans écran donc) situé aux alentours de 3 700 francs pour l’iMac de base incluant un processeur G3 à 400 MHz.

Proposer un iMac tout-en-un équipé d’un écran plat TFT signifierait, aux coûts actuels du marché, rajouter à peu près 2 500 francs si Apple propose une machine équipée d’un écran plat 14 pouces (que l’on trouve aujourd’hui en magasin à 3 000 francs TTC) qui aurait l’avantage de faire passer le Mac grand public à un équivalent cathodique de 16 pouces. La machine hors marge brute d’Apple se retrouverait d’emblée à 6 200 francs. Avec sa marge, la société pourrait proposer une machine complète pour 7 900 francs HT en France, soit 1 000 francs de plus que l’actuelle machine d’entrée de gamme. Le nouvel ordinateur se vendrait toutes taxes comprises aux alentours de 9 500 francs. Aussi cher que l’actuel iMac 500 MHz équipé d’un graveur ! Un prix suffisamment bas pour une entrée de gamme ? Pas sûr…

Baisse des prix des composants

Reste que plusieurs éléments pourraient permettre à la firme de proposer un prix plus bas. Comme la réduction de prix des composants, particulièrement sensible actuellement en raison de la faiblesse de la demande et du surdimensionnement des unités de production. A titre d’exemple, on a pu noter une réduction de prix de près de 14 à 35 % (soit 1 600 francs dans le pire des cas) entre les deux générations d’iBook. Alors même que la seconde génération est bien mieux pourvue (voir édition du 2 mai 2001). Si la même règle était appliquée au nouvel iMac, ceci voudrait dire qu’Apple ferait payer sa nouvelle machine 8 100 francs TTC. Soit 100 francs de plus que l’actuel iMac à écran cathodique ! Avec une politique marketing agressive dès le début du cycle de vente et en pariant sur la poursuite de la baisse des écrans et des composants, Apple ne bénéficierait que d’une marge plus faible en début de vie du produit, mais qui pourrait augmenter d’ici à Noël où elle réalise une très grosse partie de ses ventes. Cette stratégie laisserait cinq mois au nouvel iMac doté de Mac OS X pour faire ses preuves. La prochaine MacWorld Expo confirmera-t-elle nos supputations ?


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