Un labo de test pour Linux pour fin 2000

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Les géants de l’industrie informatique montent ensemble un laboratoire de test qui permettra aux développeurs du monde de l’Open Source de tester leurs applications dans différents environnements.

Le manchot ne sera plus jamais seul. Les géants de l’industrie informatique HP, Intel, IBM et NEC annoncent un partenariat pour monter un laboratoire de tests entièrement dédié à la communauté des développeurs Linux. Baptisé sobrement Open Source Development Lab, l’endroit, qui n’ouvrira ses portes qu’à la fin de l’année, permettra à la communauté étendue du logiciel libre de tester des applications sur un large éventail d’ordinateurs et d’environnements. Ce laboratoire, à but non-lucratif, vise à accroître l’emploi du système d’exploitation Linux dans les entreprises. Ce qui représente un volume d’affaires potentiel explosif. Signe favorable, l’OS libre est à présent adopté par les fabricants du secteur informatique qui le proposent en alternative à Windows 2000, le système d’exploitation professionnel de Microsoft.

Les développeurs de l’Open Source, des bénévoles par excellence, développent leurs logiciels applicatifs gratuitement pour les diffuser sur Internet, où d’autres développeurs viendront les tester et les déboguer. Mais ces développeurs d’applications, en particulier ceux qui travaillent pour leur compte dans de petites start-up, n’ont pas les moyens de s’offrir des ordinateurs puissants et coûteux. Et comme la tendance indique que Linux évolue davantage dans l’environnement informatique de l’entreprise, les directeurs informatiques veulent s’assurer de la fiabilité de Linux en vérifiant si l’OS est capable de fonctionner sur les plus gros systèmes et les réseaux les plus importants. Ross Mauri de la division Unix software d’IBM commente : “Ce laboratoire apportera à la communauté de l’Open Source un endroit où ils pourront écrire et tester leurs codes, ce qui manque aujourd’hui à la plupart des projets open source.

Situé près de Portland dans l’Oregon, non loin de quelques installations du fondeur Intel, il sera dirigé par un directeur indépendant des acteurs industriels engagés dans le projet. Parmi les autres donateurs et sponsors du laboratoire, on retrouve le constructeur texan Dell et bien sûr, Caldera Systems, Linuxcare, LynuxWorks, Red Hat, SGI, SuSE AG, TurboLinux et VA Linux Systems.

IBM, HP et la plupart de ces entreprises ont également travaillé ensemble sur le projet “Trillian Project” qui vise à développer une version 64 bits de Linux qui fonctionnera sur Itanium, le nouveau processeur d’Intel en compétition avec l’UltraSparcIII de Sun Microsystems et une nouvelle version de Solaris, la version Unix de Sun. Et selon Stacey Quandt, analyste au Giga Information Group, c’est une étape pour faire entrer Linux dans les centres de données (data centers)…

A noter aussi que ce n’est pas la première fois, loin de là, que les grands du secteur marquent leur intérêt pour le logiciel libre. Nombre d’annonces avaient été faites dans ce sens lors de la dernière Linux Expo (voir édition du 21 août 2000).

Pour en savoir plus :

L’Open Source Development Lab (en anglais)


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