Un nouveau mode de transport piloté par des Mac

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A Lausanne, Serpentine expérimente un nouveau mode de transport alternatif s’appuyant sur un système d’information composé de Mac. Une piste de démonstration longe le lac Léman.

La voiture sans pilote fait rêver. Le ministère de la Défense américain lance ce week-end une course de robots sur 290 kilomètres à travers le désert Mojave aux Etats-Unis. En Suisse, l’expérience à quelques mois d’avance : la société Serpentine expérimente ses propres véhicules sans pilote sur une distance de 270 mètres ! Sur les bords du lac Léman à Lausanne, trois capsules électriques capables d’emporter chacune quatre personnes et leurs bagages circulent déjà sans chauffeur. Ou plutôt si : leur pilote est blanc, pèse 2,3 kilos et répond au nom d’iBook. C’est en effet le portable grand public d’Apple (voir édition du 23 octobre 2003) qui a été sélectionné par la société suisse pour ce projet de transport, à classer dans la catégorie des solutions contribuant au développement durable. La machine commande les moteurs électriques, ferme les portes et se charge de la détection d’obstacles à l’aide d’un laser. Et il n’est pas le seul Mac utilisé dans ce prototype de transport public à faible vitesse : un PowerMac G4 l’est également comme serveur du système, un iMac comme borne interactive, et le contrôle à distance est réalisé par d’autres machines d’Apple. Tout fonctionne avec Mac OS X. L’iMac, par exemple, fait tourner une application interactive permettant de commander la venue d’une capsule. “Nous avons choisi le Mac parce qu’il est extrêmement fiable, solide et performant. Bien que les machines soient placées à l’extérieur, elles fonctionnent avec un taux d’humidité et de température élevé. Un serveur se trouve même dans une armoire électronique à côté d’un transformateur et réagit très bien aux champs magnétiques. Mac OS X nous permet d’utiliser des composants peu chers tout en fonctionnant en temps réel”, souligne Guy de Pourtalès, le chef de projet de la société.

Rendez-vous par SMS

En fait, le concept de Serpentine est simple : utiliser des véhicules sans pilote pour compléter les réseaux de transports en commun. La société vient de terminer la première phase d’étude de son système avec la ville de Lausanne et la filiale locale d’EDF. Une réunion s’est tenue le 6 février dernier à Lausanne pour tirer les leçons de la phase d’expérimentation. L’ouverture au public des véhicules n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour. Se pose d’abord une question d’autorisation : la Convention internationale de la circulation routière exige la présence d’un chauffeur sur la voie publique. En attendant, les essais continuent : pour prendre rendez-vous avec une capsule à un arrêt, il suffit d’envoyer un simple SMS ! Le réseau Airport s’occupe du reste : il transmet les informations en temps réel des capsules vers le système de gestion du réseau et vice-versa. Sur la piste, la recharge en énergie électrique est automatisée : les véhicules font leur plein d’électricité en passant au-dessus de bornes à induction plantées dans le sol.

“Une autre raison nous a orientés vers le Mac, c’est la simplicité de programmation : nous utilisons l’environnement Cocoa d’Apple. Pour la programmation, en termes d’efficacité, c’est sans commune mesure avec d’autres outils de développement que nous avons essayés”, insiste Guy de Pourtalès, qui souligne que l’approche de Serpentine consiste à utiliser des matériels standards. Et d’ajouter, comme pour confirmer l’excellent rapport coût/performances du projet : “Notre solution est quatre fois moins coûteuse que si nous avions utilisé des composants de l’industrie.” Prochaine étape : la production industrielle. Le coût du projet est estimé à 1,3 million d’euros par kilomètre (contre 10 millions d’euros par kilomètre pour une ligne de bus). Serpentine entend bien trouver un partenaire d’ici septembre prochain. En attendant, il n’y a toujours pas le feu au Mac !


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