Un plan de communication en faveur de l’équipement informatique

Mobilité

Pour combler le retard de la France sur ses voisins européens en matière d’équipement informatique, le gouvernement va lancer une campagne promotionnelle à caractère pédagogique. Objectif : expliquer aux Français l’intérêt de l’informatique.

Comment inciter les Français à s’équiper en micro-ordinateurs ? En faisant de la publicité. Telle est, schématiquement, la conclusion à laquelle est arrivé le Premier ministre à la suite d’un déjeuner, le 7 juillet 2003, qui réunissait des constructeurs (Dell, NEC, HP/Compaq, Sony, Toshiba), des éditeurs (Microsoft, Business Objects, Sage), des dirigeants de SSII (Atos Origin, Cap Gemini Ernst & Young, Schlumberger, Sopra Group, Steria) et le Cigref (Club informatique des grandes entreprises françaises). S’appuyant sur une récente étude commandée par le ministère de l’Industrie et qui révélait que 44 % des personnes non équipées ne voyaient pas l’intérêt de posséder un ordinateur (voir édition du 27 juin 2003), Jean-Pierre Raffarin va lancer, pour la fin de l’année, une campagne promotionnelle sur “l’usage des ordinateurs à domicile” afin de “sensibiliser les Français à l’intérêt de s’équiper”, selon le communiqué de presse. L’objectif étant de combler le fossé qui séparerait la France des autres pays d’Europe : seulement 42 % des ménages français seraient équipés d’un ordinateur contre 55 % en moyenne dans le reste de l’Europe, selon les services du Premier ministre.

Cette “campagne nationale d’information” sera conduite par le service d’information du gouvernement (SIG) en liaison avec les ministères délégués à l’Industrie et à la Recherche et aux Nouvelles Technologies. Les participants au déjeuner ont souhaité s’associer à la préparation de cette campagne. Un groupe de travail commun qui réunira industriels et administrations devrait voir le jour avant la fin du mois de juillet. Les résultats de cette campagne seront de toute façon intéressants dans la mesure où seront exposés des arguments forts en faveur de la micro-informatique. A quoi sert un ordinateur pour quelqu’un qui ne ressent pas le besoin de correspondre, de faire ses comptes, de jouer, de communiquer avec des inconnus à l’autre bout de la planète ou de son quartier, de stocker des photos numériques, de faire ses courses sans bouger de chez soi ou de télécharger des MP3 ? Autant de questions auxquelles la campagne devra répondre pour atteindre son objectif.

Des moyens pour convaincre

Sensibiliser les Français aux nouvelles technologies est une chose, leur permettre d’y accéder en est une autre. Programmée pour la fin de l’année, la campagne promotionnelle devrait bénéficier de cette période propice à la consommation. Il n’empêche que les investissements informatiques ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Le sondage du ministère de l’Industrie révélait que 37 % des personnes non équipées jugeaient les coûts trop élevés. C’est pourquoi le groupe de travail réfléchira à la mise en place “d’offres spécifiques destinées au grand public” en complément de la campagne publicitaire. Ce qui ne veut pas dire que les prix des PC vont brusquement chuter. Actuellement, certaines promotions proposent un PC complet (avec clavier, souris et écran 15 pouces) accompagné d’une imprimante et d’un scanner pour moins de 800 euros. Difficile de trouver moins cher, même en déstockage.

Une série de mesures plus précises devraient être communiquées jeudi 10 juillet 2003, à l’occasion du Comité Interministériel pour la Société de l’Information (CISI). Cette politique promotionnelle en faveur de l’équipement des ménages entre dans le cadre du plan RESO/2007 (voir édition du 13 novembre 2002). Selon les voeux du Président de la République, ce plan vise notamment à équiper d’un ordinateur chaque foyer avec enfant en âge d’être scolarisé et d’amener l’Internet haut débit chez 10 millions d’abonnés d’ici 2007. Un objectif ambitieux (mais pas irréaliste) quand on sait que le nombre de foyers équipés d’un ordinateur vient à peine de franchir les 10 millions (voir édition du 24 juin 2003) et que seuls 1,7 million de foyers français disposent actuellement d’un accès haut débit (voir édition du 3 juillet 2003).


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