Un standard pour améliorer la fiabilité des services Web ?

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L’organisme de standardisation OASIS s’attaque à la fiabilité des services Web, c’est-à-dire à garantir qu’un message SOAP arrive à destination. L’OASIS ou le W3C devront ensuite s’occuper de la sécurisation et l’orchestration des services Web, à moins que les grands de l’industrie informatique cessent de se soumettre aux organismes de standardisation et imposent leurs spécifications, au risque de mettre en péril l’interopérabilité des services Web.

Les premiers standards des services Web – SOAP, WSDL, UDDI – seront-ils bientôt rejoints par un quatrième, WS-Reliability ? Cela semble bien parti depuis que ses promoteurs (Sun, Commerce One, Sonic Software, Fujitsu, Oracle, Nec, Hitachi, Iona, SeeBeyond, WRQ, WebMethods et SAP) l’ont soumis pour approbation à l’OASIS (Organization for the advancement of structured information standard), consortium international à but non lucratif impliqué dans le développement de spécifications d’interopérabilité dédiées au commerce électronique. Présenté en janvier, WS-Reliability vise à améliorer la fiabilité des services Web. Plus précisément, il permet d’intégrer dans les messages SOAP des mécanismes d’envoi d’accusés de réception et de réémission en cas d’incident, et ce afin de s’assurer qu’un message SOAP véhiculé via HTPP arrive à destination. Une spécification très attendue, donc. A noter que WS-Reliability a un concurrent : il s’agit de HTTPR, une initiative signée IBM. La principale différence avec WS-Reliability est que HTTPR se présente comme une extension de HTTP alors que WS-Reliability se glisse dans les en-têtes des messages SOAP.

IBM et Microsoft se rallieront-ils à WS-Reliability ?

On ne peut que souhaiter qu’IBM abandonne HTTPR et participe, de même que Microsoft, au comité technique mis en place par l’OASIS, lequel prévoit de finaliser ses travaux en septembre ou octobre. Car l’interopérabilité des services Web ne sera réalisée qu’à la condition que les éditeurs, et en premier lieu les plus grands, se réfèrent bien à une panoplie commune de standards.

WS-Reliability dûment ratifié, le W3C et l’OASIS auront encore du pain sur la planche. Il leur faudra s’attaquer à l’orchestration des services Web, c’est-à-dire leur chaînage dans le cadre d’un processus, et à leur sécurisation. Pour ce qui est de l’orchestration, il faut que les organismes en question se dépêchent puisque certains éditeurs s’apprêtent dès à présent à intégrer un des candidats à la standardisation, BPEL4WS, une spécification élaborée conjointement par IBM, Microsoft et BEA. Compte tenu du poids de ces acteurs, BPEL4WS pourrait bien s’imposer comme un standard de fait et damer le pion aux propositions concurrentes, celle de Sun (connue sous l’acronyme WSCI) et celle de HP (WSCL). Deux propositions qui ont été soumises au groupe de travail mis en place récemment par le W3C sur ce thème alors que BPEL4WS ne l’a pas encore été. Mais compte tenu des enjeux que revêtent les services Web, IBM et Microsoft ont-ils le loisir de se conformer au processus normal de la standardisation ? En effet, selon une représentante du W3C, il faudra compter entre 18 et 24 mois pour élaborer un standard pour l’orchestration des Web Services. Un délai qui semble peu compatible avec les exigences de l’industrie informatique.


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