United Virtualities restaure les cookies indésirables

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La société commercialise un outil qui rend les cookies invisibles aux yeux des outils censés les supprimer ou les interdire. Pour le plus grand bonheur des spécialistes du marketing Web.

En prenant le contrôle de la gestion des cookies, notamment depuis le SP2 de Windows XP à travers Internet Explorer, vous pensiez être définitivement débarrassé de ces petits fichiers textes déposés sur votre disque dur par les sites visités et qui regorgent d’informations sur vos habitudes de surf. Il va falloir revoir votre stratégie. La société américaine United Virtualities a annoncé, le 31 mars 2005, qu’elle a développé un système de sauvegarde et de restauration des cookies supprimés ou rejetés. United Virtualities est une agence de développement de technologies publicitaires en ligne. La société est notamment à l’origine des shoshunder, ces courtes animations intrusives et plus ou moins interactives que l’on croise désormais sur nombre de sites web.

L’outil Persistent Identification Element (PIE) identifie l’utilisateur en attribuant à son navigateur un numéro de référence unique. Exactement comme avec les cookies traditionnels. A la différence que PIE s’appuie sur le composant Local Shared Objects (LSO) de la technologie Flash de Macromedia. Les LSO permettent d’enregistrer des informations entre deux visites de la même manière que les cookies. D’où leur surnom de “FlashCookies”. Mais à la différence des cookies, les FlashCookies ne sont pas (encore) reconnus comme tels par les outils de suppression des cookies proposés dans les logiciels antispyware, notamment. Et les utilisateurs ne connaissent pas encore assez bien ces fichiers d’un nouveau genre pour oser les supprimer manuellement. D’ailleurs, l’enregistrement des FlashCookies s’effectue dans un système de profil séparé des cookies.

Le rêve pour les annonceurs

United Virtualities profite donc de cet état de fait pour commercialiser son nouvel outil comme l’arme ultime contre les chasseurs de cookies. L’agence présente PIE comme un élément d’identification de l’utilisateur (AccuCounter PIE) mais aussi comme un outil de récupération des cookies supprimés (Backup PIE). En effet, lorsqu’un serveur cherche un cookie sur le disque dur local de l’utilisateur sans le trouver, PIE interroge les fichiers stockés dans les LSO et restaure le profil recherché.

Le rêve pour les annonceurs confrontés à l’approfondissement de la culture et des technologies Internet par les utilisateurs. Selon une étude de JupiterResearch réalisée sur l’année 2004, 58 % des internautes effacerait les cookies de leur disque. Ce qui pose problème aux publicitaires qui s’en servent dans leurs campagnes, tant pour analyser les habitudes de navigation qu’à des fins statistiques ou de services (éviter qu’une même publicité se répète à chaque passage sur une page, enregistrement des identifiants d’un utilisateur qu’il n’a pas à retaper à chaque visite, etc.).

Il n’en reste pas moins que les PIE posent un problème d’intrusion de la vie privée puisqu’il ne laissent plus aux internautes la liberté de stocker, ou non, des éléments d’identification sur leur système. D’autant que Macromedia ne semble pas encourager l’exploitation de sa technologie à des fins de suivis marketing. L’éditeur a d’ailleurs édité une page de conseils pour gérer, voire interdire, le stockage des FlashCookies.


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