Usage d’Internet : les entreprises françaises à la traîne

Mobilité

Dernière en marketing en ligne, dernière en supply chain management, dernière en gestion de la relation client, la France a vraiment tout du mauvais élève dans l’étude que vient de publier Taylor Nelson Sofres sur l’utilisation d’Internet dans les entreprises.

On a beau se rassurer en regardant les courbes de progression indiquant le nombre de sociétés connectées à Internet, de lignes ADSL, d’applications purement on-line, il suffit de comparer le paysage Internet en France avec celui de certains pays pour ressentir un certain malaise. Car si la France connaît une croissance très nette dans l’utilisation de solutions Internet, le résultat est parfois loin, très loin d’autres pays comme le Royaume-Uni ou le Danemark. Taylor Nelson Sofres vient ainsi de publier une étude sur l’utilisation d’Internet dans les entreprises, et le moins que l’on puisse dire, c’est que comparé aux Etats-Unis, au Japon, à Singapour, au Danemark et au Royaume-Uni, la France arrive dans la plupart des cas en queue de peloton.

Si la France reste comparativement proche des autres pays représentés dans l’étude en termes de taux de connexion, c’est surtout dans l’utilisation qu’elle fait du réseau qu’elle accuse un retard. Ainsi, si les sociétés françaises ont relativement bien adopté le courrier électronique comme outil de travail, Internet est loin d’être utilisé comme base de relation avec les clients ou fournisseurs. Les Etats-Unis arrivent en tête avec 93 % des entreprises américaines qui utilisent Internet dans leurs communications professionnelles contre 86 % pour le Royaume-Uni et 61 % pour le Japon et Singapour. Seules 35 % des entreprises françaises utilisent Internet pour ce type de relation.

Le CRM, secteur particulièrement peu développé

Concernant les applications Internet, le retard est parfois saisissant. Ainsi, le marketing en ligne n’est utilisé que par 9 % des entreprises françaises contre 73 % au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Le domaine du CRM, secteur en forte croissance en 2000 et qui a été touché de plein fouet par le ralentissement économique de 2001 (voir édition du 14 mars 2001), n’a pas permis à la France de rattraper son retard. Ainsi, si 19 % des entreprises françaises ont des applications de gestion de la relation client, elles sont 51 % au Royaume-Uni et 68 % aux USA. Le domaine du knowledge management n’échappe pas non plus à ce retard. Les entreprises américaines sont en tête avec 52 % d’entre elles ayant déployé une telle solution, contre 46 % au Royaume-Uni et 21 % en France. L’étude de TNS poursuit dans les secteurs des services avec un chiffre de 4 % pour les entreprises françaises contre 51 % en GB et 50 % aux USA. Les nouvelles applications n’échappent pas à la règle même si, en définitive, l’avance des autres pays est moins spectaculaire. Seul 1 % des entreprises françaises ont des applications de sSupply chain management contre 27 % aux Etats-Unis et 21 % au Royaume-Uni. Petite consolation, le Japon ne devance la France que d’un point. De ce fait, il n’est pas étonnant que la formation par Internet reste en France assez faible comparé aux autres pays de l’étude. Ainsi, 8 % des entreprises françaises ont recours à un système de formation en ligne contre 35 % au Royaume-Uni et 57 % aux USA.

Une exception, l’Internet mobile

Après ce déluge de mauvaises notes digne du plus mauvais élève, la France, qui a su développer l’Internet mobile à temps, évite de prendre du retard dans ce domaine. Toutefois, si le niveau atteint n’est pas ridicule, l’Hexagone n’est pas non plus en tête. Ce sont les entreprises britanniques qui utilisent le plus l’Internet mobile (48 %), viennent ensuite le Japon (43 %) puis la France avec 36 % qui se place cette fois avant les Etats-Unis (35 %).

Nul doute que ces chiffres dressent un tableau très noir du niveau d’utilisation d’Internet dans les entreprises en France. Reste que la démocratisation de l’ADSL devrait permettre à de plus en plus de PME de se connecter, ouvrant ainsi un marché plus large aux sociétés positionnées dans les nouvelles technologies.


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