Usages TIC et enfance (2) : À quel âge peut-on lui donner son premier mobile ?

Mobilité

Chaque semaine, Vnunet.fr publie une fiche-conseils tirée de l’ouvrage Les 90 questions que tous les parents se posent (mobile, Internet, jeux vidéo…) écrit par notre collaborateur Jacques Henno.

Réponse : Le plus tard possible. Je sais bien que beaucoup de parents travaillent et que le téléphone mobile constitue pour eux un moyen très commode de garder le contact avec leurs enfants, en particulier en fin d’après-midi après la classe et le mercredi quand il n’y a pas cours.

Et je sais également qu’il y a désormais beaucoup de familles recomposées dont les enfants voyagent souvent entre plusieurs maisons et que, là encore, le portable apporte un précieux réconfort : il permet de savoir que son fils n’a pas raté son train ou que la petite dernière est bien arrivée à destination.

Et je sais tout aussi bien que, pour tous les enfants, le téléphone constitue un précieux substitut à la présence parentale, une sorte de doudou ou de totoche moderne. À la moindre angoisse, quelques touches à presser et les voilà reliés au cocon familial.

Résultat, en France, 55 % des 7-14 ans posséderaient un téléphone portable.

Que faire ? Au moins cinq éléments militent contre l’adoption du portable par un enfant trop jeune :

1. le risque d’exposition aux ondes électromagnétiques (ce risque fait l’objet d’une fiche complète dans le livre Les 90 questions que tous les parents se posent) ;

2. le problème des vols à répétition (qui est également traité en détails dans le livre Les 90 questions que tous les parents se posent) ;

3. le fléau du happy slapping (l’utilisation d’un mobile pour filmer des violences exercées sur un professeur ou un autre élève ; un paragraphe complet du livre Les 90 questions que tous les parents se posent est consacré au happy slapping) ;

4. l’utilisation des téléphones perturbe encore trop souvent les cours, et les enfants équipés bénéficient parfois d’une trop grande liberté. Dans bien des établissements, les trois quarts des élèves de sixième arrivent avec un portable dans leurs cartables. Et certains s’en servent en classe pour envoyer des SMS, voire se parler ! “Tous les ans, je confisque deux ou trois portables à des gamins mal élevés, soupire un professeur d’espagnol de Stanislas, un des établissements privés les plus huppés de la capitale. Là, ils ne sont pas fiers, car pour récupérer leur bien, ils doivent venir me voir avec leurs parents.”
Il existerait même une sonnerie, Mosquitone, inaudible à partir d’un certain âge et qui permettrait de recevoir des SMS sans se faire prendre. Cela peut faire sourire, mais pour certains élèves, le téléphone constitue une nouvelle source de dissipation et le début d’une longue descente aux enfers. “La tentation d’utiliser le portable en cours peut accélérer le décrochage d’un élève déjà en difficulté qui se réfugie dans ses textos pendant les cours”, a observé Frantz Vor Der Brügge, professeur à Paris ;

5. enfin, le téléphone peut constituer pour les parents et les enfants une fausse sécurité. Les premiers se disent : “Bah, il peut bien rentrer un peu plus tard samedi soir, de toute façon, je pourrai toujours le joindre sur son portable si je ne le vois pas rentrer”, tandis que les autres pensent : “Bon, c’est un peu limite, côté timing, mon plan ce soir avec ma copine, mais si je rate le dernier bus, j’appellerai mes vieux.” Sauf qu’un téléphone peut ne plus avoir de batterie, tomber en panne, être éteint, ne pas “passer” (réseau saturé ou absent), être perdu ou volé !

Extrait du livre de Jacques Henno: Les 90 questions que tous les questions se posent – Téléphone mobile, Internet, Jeux vidéo. C’est un guide pratique des Editions Télémaque pour accompagner de l’âge tendre à l’adolescence, la première génération d’enfants qui aura toujours vécu avec les nouvelles technologie. Pour poursuivre le débat, rendez-vous sur www.nosenfants.fr.


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