Vers des cartes Flash optimisées mais non standard ?

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Personnaliser un produit standard en fonction d’une utilisation précise, telle est l’idée de Lexar Media qui lance une CompactFlash de type I à 512 Mo spécifiquement dédiée à l’appareil photo numérique Canon EOS-1D. Cette carte permet d’accélérer les flux de transfert de 15 %, annonce le constructeur. Si l’idée semble intéressante, le marché l’est beaucoup moins.

La concurrence qui fait rage entre les différentes solutions de cartes mémoire Flash oblige les constructeurs à distinguer leurs produits. Cette distinction se fait généralement par les qualités et les performances des cartes. En ce domaine, l’américain Lexar Media poursuit ses innovations en proposant une carte CompactFlash (CF) de type I spécialement optimisée pour l’appareil photo numérique Canon EOS-1D. Cette optimisation passe par une mise à jour du logiciel contrôleur situé sur la carte et qui permet, selon le constructeur, d’accélérer de plus de 15 % les transferts de données entre l’appareil et la carte par rapport à une CompactFlash « non personnalisée ». De telles performances sont destinées à des fonctions précises comme la prise de vue en rafale et le transfert de fichiers lourds (ce qui est le cas en Tiff dès qu’on dépasse les 3 millions de pixels). Lexar a pleinement conscience de ces besoins spécifiques et vise essentiellement les professionnels de la photo, forcément équipés de l’EOS-1D. « Lexar apporte une solution sur un marché de niche », confirme Stéphane Métivier, directeur de produits chez Techni-ciné-phot, qui distribue néanmoins les produits concurrents SanDisk, « cela concerne quelques boîtiers numériques sur un marché très vaste. » Un marché que Lexar pourrait éventuellement élargir à d’autres marques d’appareils photo numériques grâce à sa technologie de mise à jour du logiciel de la carte. Le constructeur invite d’ailleurs les possesseurs de CompactFlash de la gamme 16x série Pro (192, 256, 320, 412 Mo et 1 Go) à effectuer la mise à jour de leur mémoire Flash, gratuitement, en retournant la carte au distributeur (Objectif Bastille en France). Les intéressés devront accepter l’idée de se séparer de leur carte quelques jours. Un rapport prix/performance déterminant Si le marché visé peut s’élargir vers d’autres marques de boîtiers numériques, il reste forcément très restreint. D’abord parce qu’il semble se limiter au marché de la photo numérique professionnelle. Les appareils consommateurs de mémoire Flash comme les lecteurs MP3 ou PDA ne réclament pas des flux de transfert optimisés. « Pour ce genre d’utilisation, je conseillerais l’achat d’une carte économique », confirme Stéphane Métivier. De plus, il n’est pas certain que, en termes de performances, l’offre de Lexar se distingue réellement des concurrents. Si la CF 512 Mo 16x Pro atteint donc, en théorie, des débits supérieurs à 2,76 Mo/s, SanDisk annonce des transferts à 2,8 Mo/s avec ses cartes haut de gamme Ultra. A qualité et performance égales, le prix devient déterminant. Entre 825 euros pour la Lexar et environ 652 euros pour une Ultra CompactFlash du côté de SanDisk, le consommateur devrait rapidement se déterminer.