Vers un affrontement Mac OS X – Linux ?

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Que choisir pour remplacer Windows ? Observateurs, commentateurs et utilisateurs s’interrogent sur le nouvel OS à adopter. Linux, dans l’une ou l’autre de ses multiples variantes, fait figure de challenger, au même titre que Mac OS X. Mais les plus chauds partisans du premier tendent à invariablement considérer le second comme un ennemi à abattre.

Que choisir pour remplacer Windows ? Si, du côté des ordinateurs serveurs, des solutions existent, du côté des machines de bureau, peu d’offres s’avèrent disponibles. Mais un vrai mouvement de fond existe qui ne demande qu’à se raccrocher à une offre ferme et efficace. D’où la campagne d’Apple en direction des switchers, déçus des PC (voir édition du 4 septembre 2002). Pour ceux qui seraient prêts à sortir des sentiers battus maintenant, Mac OS X (voir édition du 18 juillet 2002) et Linux s’avèrent les deux meilleures (et seules ?) offres.

Aucun système n’est parfait. Une chronique parue sur le site Open for Business a décidé de faire la liste des inconvénients de Mac OS X, en tâchant de démonter point par point le système d’Apple, en se basant notamment sur un certain nombre de “mythes” du Mac. Système fermé, utilisation de logiciels non Open source, plate-forme propriétaire, fausse facilité d’utilisation, l’articles dresse une liste des principaux poncifs et des idées les plus arrêtées concernant la plate-forme d’Apple. Ce que cet article montre surtout, c’est qu’une vraie guerre de succession à Windows est en train de naître, si ce n’est sur le terrain, du moins dans les esprits des plus techniciens. Seul avantage en faveur du Mac : la présence d’éditeurs des grands logiciels du commerce, même si l’atout de la suite Office de Microsoft est minimisé. A l’appui de l’article, la mise en avant de l’apparition d’un ordinateur fonctionnant avec une des versions de Linux, Lindows, sur le site du Carrefour américain, Wal-Mart (voir édition du 18 juin 2002), pour moins de 200 dollars (203 euros). Une aubaine, qui cache en fait une configuration assez faible et surtout l’absence d’écran. Mais cette offre d’entrée de gamme pourrait bien servir à poursuivre la démocratisation de l’informatique et du Web, bien qu’elle ne soit proposée pour le moment que sur Internet et qu’aux Etats-Unis !

Il existe pourtant des Linuxiens reconvertis

Mais l’article Open for Business n’est sans doute qu’une réaction à d’autres avis émanant aussi du mouvement Linux. Et heureusement, tous les adorateurs du manchot (l’emblème de Linux) n’ont pas la même réaction : ainsi de Gianni Jacklone, 10 ans de Windows, 7 ans de Linux. Un vrai cow-boy de l’informatique ! Il apparaît aujourd’hui comme une sorte de Saint-Paul du Mac. Refusant de mettre ses mains sur une machine d’Apple, aujourd’hui il ne peut plus s’en passer et a délaissé sans regret ses PC ! Il fait partie des switchers. Autre personnage d’envergure : Moshe Bar, du respectable Bytes.com. Bar est presque considéré comme un gourou de l’informatique et de Linux en particulier. Il s’agit en fait d’un vrai mordu de la CLI (Command Line Interface ? Interface par ligne de commande), la fenêtre la plus austère que connaisse l’informatique et qui permet de piloter un ordinateur en y frappant des ordres ou des caractères ésotériques. Inutilisable par tout un chacun, mais un rêve pour les spécialistes. Derniers commentaires en date de Moshe Bar sur Linux : “Je ne me ferai jamais aux polices de caractères moches, à son look amateur, et aux sous-performances multimédias. Ajoutez à cela qu’il faut un gourou pour ajouter une carte PCMCIA sur un portable et vous commencez à comprendre pourquoi Linux réussit d’abord et surtout sur le marché des serveurs.” Et de vanter les mérites de Mac OS X après y être passé avec armes et bagages : la facilité d’utilisation, en raison de sa capacité d’utilisation des matériels et des standards du marché, mais aussi et surtout sa réelle capacité à répondre à ses besoins d’utilisateurs d’Unix. Et de démontrer les fonctions d’Unix de Mac OS X en version 10.2. Conclusion : Mac OS X fournit un environnement de développement où les utilisateurs de Linux ne seront pas perdus. Mais plus encore : pour les utilisateurs de Linux frustrés de n’utiliser des équipements modernes qu’après moult contorsions pour les faire fonctionner, Mac OS X apparaît comme le Graal des systèmes d’exploitation. Moshe Bar est convaincant et convaincu : il est passé à Mac OS X.

Au final, une guerre larvée de succession à Windows pourrait bien être en train de naître, avec du côté des fanatiques de Linux deux camps importants : les plus retranchés sur la philosophie du logiciel libre et de l’Open source, prêts à comparer Apple à Microsoft, et ceux qui passent au Mac parce qu’il répond à des attentes personnelles. Un chemin entre les deux positions paraîtrait le plus à même de faire gagner des parts de marché aux deux solutions…


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