Vers un assainissement de la Net économie 

Mobilité

La chute des valeurs en Bourse de la Net économie a eu pour conséquence de modifier la politique des “capitaux risqueurs”. Si le volume financier apporté aux start-up n’a pas baissé, le nombre des entreprises bénéficiant des largesses de leurs pourvoyeurs de fonds habituels pourrait diminuer.

La chute des valeurs boursières liées au domaine des nouvelles technologies est ressentie du côté des “capitaux risqueurs” comme quelque chose de nécessaire, de positif… et de normal. “Il n’y a que les imbéciles qui pouvaient imaginer que cette bulle spéculative pouvait durer longtemps”, affirme sans retenue Olivier Protard de Sofinnova Partners, une société française de capital risque. Toutefois cette chute des valeurs n’a pas entraîné de baisse de financement de la part de ces capitaux risqueurs vers ces sociétés de l’Internet. Du côté des professionnels des capitaux risqueurs, on déclare s’attendre à un tassement des fonds levés, dû en partie à un ralentissement des introductions en Bourse, mais sans aller jusqu’à parler de baisse. Toutefois ces spécialistes du financement, après avoir connu une rentabilité exceptionnelle, tendent aujourd’hui vers un rendement plus normal.

La conséquence immédiate de cette baisse des valeurs est l’évolution du secteur des levées de fonds. La bulle spéculative entraînait le financement de toute société dotée d’un nom suivi d’un “.com”. Pour Apax Partner, un autre capital risqueur, le marché se professionnalise. Autrement dit, seules les sociétés véritablement leader auront les atouts nécessaires pour répondre aux exigences des capitaux risqueurs. Le temps des paris semblent révolu. Sofinnova, de son côté, déclare clairement qu’une plus grande sélectivité aura lieu et dénonce les entreprises qui vendaient un projet virtuel. Le nombre de sociétés financées via ces capitaux risqueurs devrait chuter sensiblement. Toutefois, affirme-t-on chez Chausson Finance, qui se qualifie elle-même de “leveur de fonds”, les très bons projets recevront dorénavant un financement plus important. Pour Sofinnova, les entreprises aux projets incertains ou virtuels qui réussissaient à lever 20 millions de francs n’existeront bientôt plus. Et de citer que la prochaine vague de gros succès pourrait concerner les places de marché (e-market places) ou tout ce qui est la transmission de donnée vidéo et audio.

Aux Etats Unis, le secteur du commerce électronique a reçu début 2000, en comparaison, moins de financement que durant les trois premiers mois de l’année 1999, et cela malgré une augmentation des fonds accordés aux société Internet, par les capitaux risqueurs. Trois raisons expliqueraient cela, le nombre important de sociétés Internet, les introductions en Bourse et l’apparition de profit pour certaines d’entre elles.


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