Vers un Internet parallèle ?

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La multiplication des internautes, des sites, des différents contenus de plus en plus lourds a pour conséquence d’encombrer le réseau et, pire, parfois de le saturer. Depuis peu, quelques acteurs de la nouvelle technologie se sont fait champion de la gestion de trafic. Entre béquille de l’Internet et réseau parallèle, ils sauvent la toile d’un étouffement inéluctable.

Chaque événement qui entraîne un important taux de connexion et qui nécessite un fort besoin en bande passante ne peut se faire sans l’aide d’une société spécialisée dans l’accélération des débits sur Internet. Dernièrement, Akamai assurait la retransmission des vidéos concernant le festival de Cannes et notamment un défilé de lingerie qui réunissait les principaux top models mondiaux. A titre d’exemple, lors du concert de AIDS retransmit sur Internet, 1 million de personnes s’étaient connectées simultanément. Sans l’intervention de ces sociétés, comme Inktomi, Digital Island, Speedera et autres Madge Networks, de tels événements ne peuvent se faire car le réseau ne peut subvenir aux demandes de connexion.On peut à la fois se réjouir d’une telle évolution technologique, mais pour Daniel Kaplan, délégué général de la Fondation pour l’Internet nouvelle génération (FING), “c’est un risque de créer un Internet à deux vitesses et cela montre bien l’effort à fournir pour améliorer le réseau”. Il n’hésite pas à parler d’Internet parallèle et de dénoncer que certains acteurs du réseau étaient trop lents à prendre conscience du besoin d’évolution du réseau. Pour Akamai, le problème vient du fait que le réseau n’a pas été conçu à l’origine pour le transport de contenu lourd comme le son ou la vidéo. “A la base, le réseau transportait de l’information qui ne demandait pas beaucoup de bande passante, aujourd’hui il est amené à transporter du divertissement qui est très gourmand en débit. Mais si Internet est victime de son succès qui nécessite des technologies adaptées pour faire passer du contenu lourd, ce n’est pas non plus un deuxième réseau qui se met en place”, assure pourtant Pascal Ricard, directeur marketing Europe du Sud pour Akamai.Akamai commercialise une solution de routage intelligent qui permet d’afficher le plus rapidement possible les pages Web à fort contenu multimédia. Pour réaliser cela, Akamai place un réseau de serveurs autour de la planète et y dispose les contenus multimédias gourmands en bande passante et qui ralentissent le débit des réseaux Internet. Ainsi, pour servir les pages Web aux internautes, Akamai va sélectionner pour chaque requête le serveur optimal et délivrer l’information demandée.Pour Inktomi, fournisseur d’infrastructure logicielle, Internet n’est pas en train de montrer ses limites. “On n’aurait jamais pu imaginer que l’on aurait été capable de faire autant de choses sur le réseau” précise Ihsen Fekih, directrice régionale Europe du Sud pour Inktomi. Selon elle, il s’agit dorénavant d’un problème qui doit se résoudre en amont. “Il faut injecter de l’intelligence dans le réseau. Et cela ne peut se faire que dans le développement d’une infrastructure software”, précise-t-elle. Ihsen Fekih déclare d’ailleurs que même “si un fournisseur a beaucoup de bandes passantes, cela ne suffit pas à assurer une transmission correcte lors de contenus lourds”. D’après elle, Internet a fait ses preuves et a montré que le réseau était fiable, mais qu’il fallait ne pas oublier d’en développer les infrastructures software.Les contenus lourds rendent donc incontournable la présence de sociétés qui “boostent” Internet. Et même si le réseau augmente ses capacités en transmission de données, il n’y a aucune raison pour que ces sociétés disparaissent. D’une part parce qu’elles auront toujours une longueur d’avance et d’autre part parce que les internautes toujours plus nombreux sont exigeants et que leur mécontentement est le fonds de commerce de ces sociétés. Pour en savoir plus : * Akamai* Inktomi* FING


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