Vers un Napster légal très décevant ?

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Après avoir licencié 16 de ses 104 salariés, Napster viendrait de recevoir 26 millions de dollars (environ 28,86 millions d’euros) provenant de Bertelsmann. Toujours fermé, le service d’échange ne semble pas près de redémarrer ses serveurs. Pour preuve un sondage envoyé le 27 octobre demandant de se prononcer sur une formule frustrante…

Fermé depuis plusieurs mois, Napster risque de le rester encore longtemps, même si ses responsables ne cessent de répéter que la réouverture aura lieu “avant l’année prochaine”. La semaine dernière, on apprenait que Napster se séparait de 16 de ses 104 salariés. Aujourd’hui, Reuters laisse entendre que la société aurait reçu pas moins de 26 millions de dollars (environ 28,86 millions d’euros) de financement de la part de Bertelsmann. “Ils doivent recevoir 26 millions de dollars à condition de réduire leurs frais de fonctionnement, ce pour quoi ils ont probablement fait ces dégraissages” déclare une “source proche du dossier” citée par l’agence de presse.

Egalement étonnant, alors que l’on pourrait croire toutes les études de marché et de marketing bouclées, Napster continue d’interroger ses anciens utilisateurs. Depuis longtemps, il offre la possibilité de s’inscrire sur son site (et depuis le logiciel que les internautes téléchargent sur leurs machines) à une liste de diffusion afin d’“être le premier à découvrir le nouveau service par adhésion”. La pratique est courante et on est toujours en droit de se demander si fournir son adresse e-mail ne sert pas juste à alimenter une base de données. Dans le cas de Napster, point d’annonce fracassante pour l’instant. Le premier message reçu, ce samedi 27 octobre, invite à “Aider à dessiner les contours du futur de la musique en ligne avec Napster”. Vaste programme. Un lien renvoie vers Zoomerang, un site spécialisé dans ce type d’études en ligne, pour un questionnaire surprenant.

Vers un service de location plus que de vente ?

En effet, passées les traditionnelles questions d’âge, de sexe, de savoir si l’on est Américain ou non, du temps passé connecté par semaine et avec quelle fréquence on télécharge de la musique, il s’agit ensuite de se prononcer sur une formule d’abonnement. Un “abonnement à un service de musique numérique Napster” qualifié de “possible” qui est décrit ici comme permettant de piocher dans une “vaste bibliothèque de musique comprenant des morceaux de toutes les grandes maisons de disques, de labels indépendants (…).” La formule paraît fort limitée : “Vous pourriez télécharger 50 morceaux par mois que vous pourriez utiliser sur votre ordinateur”, note le document qui précise en effet “Vous ne pourriez pas graver de CD [avec les fichiers téléchargés] ou [les] exporter vers des baladeurs (lecteurs MP3)”, enfin – cerise sur le gâteau – “Vous pourriez écouter la musique aussi longtemps que vous seriez membre du service”. En clair : 50 morceaux par mois, non gravables, non transférables et écoutables le temps de l’abonnement. Qui en veut ? Aucun prix n’est annoncé pour ce que l’on peut comparer à de la location, c’est d’ailleurs aux sondés d’indiquer ce qu’ils seraient prêts à débourser. Les personnes remplissant le questionnaire sont ensuite invitées à donner leur avis sur les détails (pour ne pas dire les limitations) du service ainsi présenté. On espère que le fait de présenter une solution très contraignante n’est qu’un “truc” de sondeur et qu’il ne s’agit pas de la formule que Napster compte déployer…


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