Vers un procès anti-trust contre Rambus ?

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Les fabricants de D-Ram seraient sur le point de saisir la FTC américaine (Federal trade commission) contre Rambus. Pour les industriels de la D-Ram, ce procès anti-trust serait le seul moyen d’éviter de payer les royalties réclamées par Rambus non seulement sur la RD-Ram, mais aussi, et c’est là que le bât blesse, sur la SD-Ram, la DDR-SDRam et les contrôleurs logiques synchrones. Autant dire que dans cette affaire les enjeux sont colossaux.

C’est l’histoire de la petite boule de neige qui déclenche une très grosse avalanche. Tout commence en début d’année. Rambus porte plainte contre Hitachi pour violation de quatre brevets concernant la D-Ram et les micro-contrôleurs qui interfèrent avec cette mémoire vive. En février, une nouvelle plainte est déposée par Rambus contre Hitachi portant à huit le nombre de brevets impliqués. Vient ensuite l’affaire des consoles de jeu Dreamcast de Sega, dont Hitachi fournit les processeurs. Là encore Rambus se retourne contre Hitachi et porte l’affaire devant l’ITC américaine (International trade commission).

Hitachi se défend en soutenant que Rambus perturbe le marché de la SD-Ram en forçant l’industrie à adopter son système propriétaire de RD-Ram. Les constructeurs peinent en effet à adopter un standard (voir édition du 18 janvier 2000). Finalement c’est Toshiba qui cède en premier et trouve un accord avec Rambus pour l’exploitation de ses brevets, puis fin juin la nouvelle tombe : Hitachi capitule (voir édition du 26 juin 2000).

Derrière eux, c’est toute l’industrie de la D-Ram qui tremble. Il se murmure en effet que les fabricants attendaient beaucoup du procès contre Hitachi, espérant que l’affaire ferait jurisprudence à leur avantage. Or, avec la conclusion d’un accord, tous se retrouvent au point zéro. Aujourd’hui donc, les industriels de la D-Ram seraient sur le point d’attaquer Rambus dans un procès anti-trust qui, s’il a lieu, s’annonce mouvementé. Témoins les réactions des intéressés, injoignables ou qui ne souhaitent tout simplement pas s’exprimer. “Aucun commentaire” chez Infineon. “Nous ne communiquons pas sur le sujet” indique un porte parole de Hyundai. A la représentation européenne de Samsung en Allemagne, on prétend ne rien pouvoir commenter, il faut appeler la Corée mais décalage horaire oblige, il ne nous sera pas possible joindre le siège dans la journée. Chez Hitachi personne n’est joignable, même impossibilité du côté de Toshiba…

Ce que Rambus réclame c’est la paternité de la technologie de mémoire synchrone. Indirectement, cela implique tous les systèmes qui fonctionnent avec un tel type de mémoire, que ce soit des SD-Ram, DDR-Ram , des chipsets ou des processeurs. On comprend mieux que les industriels soient dans leurs petits souliers. Une question reste entière : comment va se positionner Intel, grand défenseur de l’onéreuse RD-Ram de Rambus face aux autres fabricants de D-Ram (voir édition du 19 mai 2000). A l’heure ou nous rédigeons ces lignes, nous ne connaissons pas leur réaction. Selon un interlocuteur qui a préféré rester anonyme, on saura d’ici deux semaines si les industriels de la mémoire décident effectivement de porter plainte contre Rambus. La grosse avalanche aura-t-elle lieu ?

Pour en savoir plus :

* Le document présenté au tribunal par Hitachi pour sa défense contre Rambus, sur le site de The Register

* Rambus


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