Vers une baisse du prix des écrans LCD ?

Mobilité

Production en hausse entraînant une baisse des coûts, marges réduites consenties par les fabricants : un analyste du Gartner Group prévoit une baisse du prix des écrans LCD. Pourtant, en France, les discours sont contradictoires.

Dans une analyse publiée par nos confrères américains de Cnet, Mostafa Maarouf, analyste du cabinet d’études Gartner Group, prévoit une baisse significative du prix des écrans LCD. L’augmentation de la production a permis selon lui une diminution des coûts de production, de plus les fabricants ont consenti à réduire leurs marges pour stabiliser le marché. L’analyste anticipe une poursuite de la baisse des prix entamée cette année et prévoit que le tarif des écrans LCD 15,1 pouces franchira sous peu la barre des 600 dollars (environ 4 500 francs) pour baisser encore de 10 % au cours de l’année prochaine.

Pour David Attal de Iiyama France, il devrait effectivement y avoir une baisse des prix vers la fin de l’année. “La baisse attendue sur 2000 n’a pas vraiment eu lieu. Le marché décolle mais il n’est tout de même pas mûr”, explique-t-il. Et pour étayer ses propos, il cite des chiffres éloquents : au total en France, en comptant les marques et les revendeurs, les ventes de moniteurs se seraient élevées à 4,265 millions d’unités dont 46 800 écrans LCD, soit 1,1 %. Les prévisions sur 2000 tablent sur 3,6 %. “Pour moi, c’est un peu optimiste car si on considère les 6 premiers mois de l’année, on n’est qu’à 1,8 %”, tempère David Attal. Selon lui, la baisse des prix enregistrée a été en partie artificielle, la demande n’ayant pas augmenté conjointement. Toutefois, les nouveaux formats permettent d’optimiser les taux de déchets en sortie de chaîne de fabrication et il annonce des baisses de prix pour sa marque.

Du côté de Fujitsu, on assure aussi que les prix vont “forcément” baisser, surtout sur les petits formats avec l’augmentation de la production de matrices (le composant de base qui sert à la fabrication des écrans, Ndlr). Comme d’un point de vue marketing l’écart entre les “petits” et les “grands” moniteurs (18 et 21 pouces) doit être maintenu, la baisse sera répercutée sur les grands formats. Patrick Fournier, chef produit moniteurs chez Samsung, n’est pas exactement de cet avis : “Je ne vois pas de baisse, pour l’instant la parité euro-dollar ne nous l’autorise pas. De plus, il y a encore beaucoup de déchets.” Un autre argument fait son apparition, l’ajout de nouvelles fonctionnalités. “Le moniteur devient un véritable terminal d’affichage”, assure-t-il. “Nous déployons un ensemble de connectivités, S-Vidéo, DVI ou port composite, ce qui ne fait pas baisser le coût de revient.”

Le directeur général de Nec Mitsubishi Electronic Display Europe tient un discours beaucoup plus optimiste. Michel Jacob parle d’une “forte tendance à la baisse entre le début d’année prochaine et la fin du 1er semestre”. Elle proviendrait de la refonte de la production avec la limitation des déchets, on revient à l’introduction des nouveaux formats. “L’exemple type est l’apparition du 17 pouces. Dans un panneau de 1,5 mètre carré de substrat, on taille deux panneaux de 18 pouces, avec le format 17 pouces on en fait quatre ! Ceci avec les mêmes délais et les mêmes procédures, seules les quantités augmentent”, explique-t-il en ajoutant que, pour lui, la hausse des prix due à l’ajout de connecteurs est négligeable, car les technologies existent, elles représentent surtout un investissement en recherche et développement.

Au final, après ce petit tour sur le marché des moniteurs LCD, on ne sait pas trop quoi penser… Des baisses devraient intervenir, les écrans 17 pouces se démocratiser, mais cela reste assez flou. Votre écran plat, c’est peut-être seulement pour Noël de l’année prochaine !


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