Vidéo en ligne : le Web pourra-t-il répondre à la demande?

Mobilité

L’essor des services en ligne de partage de vidéos entraîne une hausse de la
consommation en bande passante. Le Net risquerait la saturation.

A en croire un haut dirigeant de Google, les services de vidéos en ligne tels que YouTube et Joost représentent aujourd’hui pour Internet un risque de saturation.

Vincent Dureau, directeur des technologies télévisuelles de Google, estime que le Web devra rapidement réagir pour parvenir à satisfaire la demande croissante de vidéos en ligne de haute qualité. L’an dernier, le moteur de recherche a acquis la plate-forme de téléchargement de vidéos YouTube pour un montant de 1,65 milliard de dollars.

A l’occasion de la Cable Europe Conference qui s’est tenue à Amsterdam la semaine dernière, Vincent Dureau a déclaré “qu’aucune infrastructure Web, ni même celle de Google, ne peut s’y mesurer. Nul ne pourra prétendre offrir la qualité de service que les clients attendent.” Google investit déjà considérablement dans son infrastructure, simplement pour supporter le flux de données, a ajouté Vincent Dureau.

Parallèlement à cela, les analystes du cabinet Deloitte estiment que 2007 pourrait être l’année où les capacités d’Internet arriveront à saturation. Le rapport Predictions 2007 évoque une augmentation de la demande de vidéos en ligne et dénonce l’influence des sites de réseaux communautaires comme MySpace et Bebo qui “utilisent leur bande passante jusqu’à saturation”.

Les chiffres confirment l’intérêt croissant pour la vidéo en ligne. Mardi dernier, plus d’un million de personnes visionnaient le clip vidéo en ligne du journal The Sun montrant un incident de ?tir ami? en Iraq (un missile tiré par un avion américain sur un blindé britannique). Loose Change, un documentaire en ligne controversé évoquant les événements du 11 septembre, a quant à lui attiré plus de 100 millions de visiteurs.

CacheLogic, société britannique de recherches en technologie, estime pour sa part que la vidéo représente aujourd’hui 60% du trafic peer to peer sur Internet et évalue à 1 Go la taille moyenne des fichiers vidéo.

Les dirigeants de services de vidéo en ligne assurent que la Toile parviendra à répondre à la demande. Fredrik de Wahl, PDG du nouveau logiciel Joost orienté télévision à la demande, rappelle que les fournisseurs de services d’infrastructure ont déployé des efforts considérables pour développer la capacité de leurs réseaux.

Par exemple, le fournisseur américain de services d’infrastructure VeriSign a décidé d’investir la somme de 100 millions de dollars, soit environ 76 millions d’euros sur les prochaines années pour multiplier par dix les capacités de sa bande passante.

L’opérateur européen de réseaux Interoute a investi 22 millions d’euros pour moderniser son réseau et lui permettre de répondre à la demande de vidéo en ligne haute définition.

Tim Sparke, PDG de Mercury Media qui distribue Loose Change, a expliqué à Vnunet.com que les “forces du marché” [market forces dans l’article initial), nldr] aideraient à résoudre les problèmes susceptibles de se présenter. “Si le volume d’espace doit être rationné, il le sera sur les prix”, a-t-il déclaré. “Si les consommateurs doivent payer un supplément à leur FAI pour accéder au contenu vidéo aux heures de pointe, ils finiront par télécharger leur contenu en dehors de ces heures de pointe.”

Traduction d’un article de Vnunet.com en date du 9 février 2007


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