Voiture autonome : ambiance électrique dans la Silicon Valley

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Entre Lyft, Apple, Google et General Motors, la température monte dans la Silicon Valley sur le marché naissant de la voiture autonome.

L’agitation printanière se confirme sur le marché de la voiture autonome.

À l’heure où les législateurs, en tête desquels l’Organisation des Nations unies*, commencent véritablement à se saisir du phénomène, les initiatives se multiplient dans la Silicon Valley.

Illustration avec General Motors et Lyft.

Le constructeur automobile et la plate-forme VTC concurrente d’Uber approfondissent leur partenariat. Ils se donnent un an pour lancer, en conditions réelles, des expérimentations autour d’un service de taxis basé sur des Chevrolet Bolt électriques.

Les technologies mises en jeu seront celles de la firme californienne Cruise Automation, que GM a annoncé son intention d’acquérir pour 1 milliard de dollars.

Autonome et électrique

D’après le Wall Street Journal, qui s’appuie sur le témoignage d’un haut responsable de Lyft, toutes les modalités ne sont pas encore fixées.

Dans un premier temps, on partirait sur un modèle « à la demande » : les utilisateurs de l’application mobile Lyft pourraient choisir d’adhérer au programme et de le quitter à tout moment. La fonction de géolocalisation permettra de signaler à la voiture autonome à quel moment elle pourra démarrer, puis partir une fois le passager déposé.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du lancement, en mars, d’un service de location courte durée pour les chauffeurs VTC.

Ces derniers peuvent, pour le moment à Chicago, louer un véhicule pour un maximum de 8 semaines, avec un abonnement hebdomadaire et des frais de 20 cents par mile parcouru – avec des remises en fonction du nombre de courses effectuées.

Ce programme « Express Drive » pourrait, à terme, accueillir des Chevrolet Bolt. Le modèle, 100 % électrique, doit être commercialisé cette année. La batterie étant située au niveau du plancher, il offrira davantage de place à l’arrière.

Bataille sur le terrain

Pour Lyft, soutenu à hauteur de 500 millions de dollars par General Motors dans le cadre de son dernier tour de table bouclé en début d’année, il s’agit de monter en puissance non seulement face à Uber, qui a installé son propre centre de test à Pittsburgh (Pennsylvanie), mais aussi contre Google.

Le groupe Internet a récemment officialisé un accord avec Ford, qui va lui fournir des monospaces.

Il est pressenti pour acquérir près de 400 ares de terrain dans la baie de San Francisco, pour y implanter un laboratoire dédié aux véhicules autonomes. Un vaste espace, loin toutefois des 2,8 hectares de son siège social de Mountain View.

Du côté d’Apple, on viserait 800 ares, soit près d’un tiers de la surface qu’occupera le futur campus de la multinationale.

Cette expansion se heurte à des barrières réglementaires. À tel point que Lyft et Google se sont associés à Google, Uber et Ford pour accompagner, dans le cadre de la « Self-Driving Coalition for Safer Streets », la mise en place, aux États-Unis, d’une législation sur les véhicules autonomes. Principal argument du lobby : le progrès technologique dans l’industrie automobile est garant d’une sécurité accrue sur les axes de transport.

Ce groupement émerge au moment où l’administration Obama se dit prête à consentir une enveloppe de 4 milliards de dollars sur 10 ans pour stimuler le développement de cette industrie. La mise en place du fonds doit être débattue lors des discussions budgétaires du Congrès pour 2017.

* L’ONU a enclenché une procédure de modification de la Convention de Vienne sur la circulation routière. Signé par 73 pays situés pour la plupart en Europe, ce texte qui date de 1968 est voué à évoluer pour intégrer les systèmes de conduite automatisés sur les routes.

Crédit photo : Pincasso – Shutterstock.com


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