Voiture autonome : un parfum de lobbying aux États-Unis

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Google, Uber, Lyft, Ford et Volvo s’associent afin d’accompagner, aux États-Unis, la mise en place d’une régulation pour les voitures autonomes.

Concurrents, mais aussi associés…

Uber et Lyft ont mis entre parenthèses leur rivalité sur le marché du transport de personnes pour fonder, aux côtés de Ford, Volvo et Google, la « Self-Driving Coalition for Safer Streets »*.

Ce groupement se donne pour objectif d’accompagner la mise en place, aux États-Unis, d’une réglementation encadrant les véhicules autonomes.

Il émerge à l’heure où l’administration Obama se dit prête à consentir une enveloppe de 4 milliards de dollars sur 10 ans pour stimuler le développement de cette industrie. La mise en place du fonds doit être débattue dans le cadre des discussions budgétaires du Congrès pour 2017.

Ancien responsable de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA, qui supervise la réglementation relative à la sécurité automobile), David Strickland sera l’avocat et le porte-parole de cette « Self-Driving Coalition for Safer Streets ».

Il mènera ses actions de lobbying auprès de son ancienne agence, que le ministre des Transports Anthony Foxx a chargée d’esquisser des bases législatives d’ici au mois de juillet.

Influences

Les derniers chiffres de la sécurité routière américaine apporteront sans doute de l’eau à son moulin : sur les 6,1 millions d’accidents qui ont fait 32 675 morts et 2,3 millions de blessés aux États-Unis en 2014, 94 % ont été causés par une erreur humaine.

Il s’agira surtout, comme le suggère Reuters, de ne pas tomber dans un « patchwork réglementaire » au regard des décisions prises à l’heure actuelle État par État.

La Californie, par le biais du DMV (Department of Motor Vehicles), a significativement avancé sur le dossier.

Son approche, qui consiste à interdire les voitures dépourvues de volant et de pédales, mais aussi à imposer la présence d’un conducteur titulaire du permis et capable de reprendre le contrôle en cas de problème, déplaît à Google. Le groupe Internet l’a clairement fait remarquer, pointant également du doigt le fait que le chauffeur serait tenu pour responsable de toutes les infractions au code de la route.

Sa position est plus favorable à l’égard de l’administration U.S., qui considère que l’intelligence artificielle exploitée pour piloter un véhicule pourrait être assimilée au conducteur.

Expérimentations

Comme son nom l’indique, la « Self-Driving Coalition for Safer Streets » tentera de démontrer que le progrès technologique dans l’industrie automobile est garant d’une sécurité accrue sur les axes de transport.

La question des emplois possiblement détruits par la même occasion sera probablement abordée ce mercredi dans le cadre d’une audience publique que la NHTSA organise à l’université de Stanford.

* Les cinq membres de cette coalition ont chacun amorcé des expérimentations :

  • Google avec son Self-Driving Car Project, fondé sur des SUV Lexus ;
  • Ford, qui se concentre sur les routes californiennes en collaboration avec son centre R&D de Palo Alto ;
  • Uber, qui a mis sur pied un laboratoire de recherche à Pittsburgh et qui commence à mettre en situation ses voitures développées avec l’université de Carnegie-Mellon :
  • Lyft, qui s’est associé à General Motors pour déployer une flotte de véhicules autonomes à louer ;
  • Volvo, qui a annoncé son intention de tester 100 véhicules en Chine, où est basée sa maison mère Zhiejang Geely Holding.

Crédit photo : riopatuca – Shutterstock.com


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