Voix-données : le Frame Relay se distingue

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De nouveaux services dopent la voix sur Frame Relay qui se montre des plus efficaces en attendant l’ère du tout-IP.

En attendant la convergence voix-données tout-IP, c’est le relais de trames qui, pour l’instant, retient l’attention des entreprises françaises tentées de faire passer sur un même lien leurs flux voix et données. Le phénomène n’est pas nouveau. Cette technologie, appliquée aussi bien à la voix qu’aux données, est opérationnelle sur tout ou partie de plusieurs grands réseaux privés depuis déjà quelques années. C’est le cas du réseau de la Cnam (Caisse nationale d’assurance maladie), de l’AFP ou du réseau militaire du Service des essences des Armées, pour ne citer que ceux-là. Aujourd’hui, s’inspirant largement de l’acquis de ces grands réseaux et de leurs propres expériences pilotes, les premiers services opérateurs se mettent en place. Après ceux de Siris et d’Equant, lancés en octobre dernier, c’est au tour de Transpac d’annoncer le sien pour début mars prochain.

Ainsi, le courtier en assurances Joliez Regol a retenu le service relais de trames de Siris pour “réduire et lisser” sa facture télécoms. Pour Christian Couderc, responsable informatique de la société, faire passer la voix sur le réseau privé virtuel déjà mis en place pour les données était le seul moyen pour sortir de l’impasse dans laquelle il se trouvait il y a un an : “Comment ne pas augmenter la facture télécoms voix et données, alors que la société augmente ses sites de 13 à 19 ?” Aujourd’hui, les 19 sites de la société sont reliés par le service relais de trames voix et données de Siris qui gère les 15 routeurs Frame Relay de Motorola installés sur les sites de l’assureur. Et la facture télécoms de 1,85 MF est restée constante “sans aucune dégradation de la qualité de la voix”, insiste Christian Couderc. Objectif atteint aussi pour le fromager Entremont qui, sélectionné pour tester le service Transpac, fait aujourd’hui passer la voix en relais de trames entre les vingt et quelques sites répartis dans toute la France. Résultat : 30 % d’économies sur la facture télécoms.

Ces services opérateurs s’inspirent beaucoup du vécu dans ce domaine des grands réseaux privés où les retombées de cette convergence ne sont plus à démontrer : entre 20 et 40 % de réduction sur les factures téléphoniques, bande passante optimisée, qualité de la voix “bonne, voire meilleure que celle du réseau public commuté”, précise Jean-Pierre Blouet, directeur informatique et télécoms de la Cnam. “C’est surtout sur les liaisons longue distance que la voix sur relais de trames se justifie”, explique Vincent Logerot, responsable du lancement de ce service chez Transpac.

De fait, c’est sur sa liaison avec la Martinique que la Cnam a réalisé avec succès ses premiers essais de voix sur relais de trames en 1996. D’ici à la fin 1999, l’expérience sera étendue à l’ensemble du réseau privé “Ramage” de la Caisse. “Une fois ce basculement terminé, la facture téléphonique sera divisée par trois”, estime Jean-Pierre Blouet.

Ces expériences et l’arrivée des premiers services voix sur relais de trames illustrent la forte demande pour la convergence voix-données. “Le relais de trames voix-données est une façon de mettre le pied à l’étrier de la convergence tout-IP”, assure Vincent Logerot de Transpac. À la Cnam, aussi, il s’agit d’une étape vers le tout-IP programmée pour avant l’an 2000. “On essaie d’amortir tous nos investissements à moins d’un an, précisément pour être prêt à migrer vers le tout-IP”, précise Jean-Pierre Blouet.


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