Votre périphérique parle-t-il Windows ?

Mobilité

Microsoft fait appliquer sur les boîtes de nombreux périphériques et logiciels un logo “Conçu pour Windows”. Une appellation ambiguë pour rappeler seulement qu’ils fonctionnent bien avec son système d’exploitation.

Aux Etats-Unis, Microsoft a choisi la société TTCX pour réaliser des tests sur la compatibilité avec Windows d’une foule de périphériques dédiés à l’image (scanners, appareils photo numériques). Cette société, qui travaillait déjà pour la firme de Redmond sur la certification de modems ou d’appareils de stockage, permet à l’éditeur de faire accoler une étiquette “Conçu pour Windows” sur les produits non recalés.

La formulation, traduite de l’anglais Designed for Windows, pourrait faire croire aux acheteurs que les produits en question ont été développés spécialement pour Windows, avec l’aide des ingénieurs de Microsoft. Or la réalité est un peu différente.

Le logo prouve surtout que le logiciel ou le périphérique fonctionne correctement avec le système d’exploitation. Il ne faut pas croire qu’il marche mieux que sous Mac OS ou Linux, de la même manière que les jeux vidéo optimisés MMX devaient tourner plus vite avec les puces Intel Pentium qui intègrent ces fonctions multimédias. En général, les périphériques certifiés Windows fonctionnent aussi sous Mac OS ou Linux dès lors que l’on dispose des logiciels pilotes adéquats.

Bien sûr, il y a des exceptions. Par exemple, certains modems internes délèguent une partie de leur rôle de communications à Windows et ne peuvent pas tourner sans lui. Les fabricants Zoltrix et US Robotics commercialisent ce genre de modem, baptisé WinModem.“La carte a moins de composants et renvoie vers la puce du PC les fonctions de correction d’erreur, de compression ou même une partie de la modulation”, détaille Eric Zingraff, responsable avant-vente chez US Robotics. En contrepartie, le modem devient très bon marché. Mais il ne tournera ni sous Linux, ni sous Mac OS. Et là, on peut véritablement parler de produit conçu (uniquement) pour Windows… Ce concept est en perte de vitesse. Il date de l’époque, par si éloignée, où certains pariaient sur la mort d’Apple. Aujourd’hui, la marque à la Pomme bénéficie d’un regain d’intérêt marqué de beaucoup de constructeurs. Notamment de la part d’HP, dont la plupart des imprimantes jet d’encre sont livrées en standard avec les pilotes Windows et MacOS.

Au final, le logo informe surtout que les gestionnaires Windows de l’appareil (les pilotes, ou drivers) auront été testés sous toutes les coutures. Les procédures des tests, toujours réalisés aux Etats-Unis même pour des produits français, sont disponibles sur le site de Microsoft. “Pour les logiciels, les laboratoires vérifient par exemple que l’installation ne détruit pas des fichiers DLL indispensables au système”, complète Alexis Oger, chef de produit technique chez Microsoft France. “Cela garantit à l’utilisateur que le logiciel fonctionnera bien”, complète-t-il. En même temps, l’intérêt est de disculper les versions récentes de Windows en cas de plantage répété avec un périphérique ou un logiciel non certifié…

Pour en savoir plus : La certification de Microsoft (en anglais)


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