Wal-Mart confirme son mouvement ‘anti-Windows’

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Après avoir proposé des PC sans système d’exploitation – fait plutôt rarissime dans la grande distribution – la chaîne de magasins américaine Wal-Mart se lance dans les PC équipés de Lindows, concurrent naissant de Windows, avec des machines à des prix particulièrement serrés. Aux Etats-Unis uniquement. Pour le moment ?

Le géant américain de la grande distribution Wal-Mart vient d’annoncer son intention de vendre des PC livrés avec Lindows, un système d’exploitation capable de faire tourner aussi bien des logiciels conçus pour Linux que pour Windows. Système qui a fait couler beaucoup d’encre depuis son annonce et, surtout, qui a déclenché l’ire de Microsoft (voir édition du 5 avril 2002). Une médiatisation qui ne semble pas vraiment gêner Michael Robertson, PDG de Lindows et ancien fondateur de MP3.com. Jusqu’à présent, sa société n’a, en effet, jamais été inquiétée par les attaques légales de Microsoft. Ce dernier se plaignait notamment de la trop grande proximité phonétique du mot Lindows avec son produit phare Windows. De quoi, selon le géant de Redmond, troubler les consommateurs et permettre à Lindows de profiter indûment de l’image de marque de Windows.

Ces attaques n’ont pas empêché Michael Robertson de développer son système. Pour l’heure, celui-ci est encore au stade de préversion. Ce qui n’empêche pas Wal-Mart de commencer la commercialisation de PC basés sur Lindows OS. Et le message publicitaire qui accompagne le lancement ne laisse guère de doute sur la motivation du distributeur, qui rejoint celle de l’éditeur du système : “Ces ordinateurs ne sont pas livrés avec Microsoft Windows, mais avec un étonnant nouvel OS basé sur Unix appelé Lindows. Ce dernier apporte la stabilité d’Unix tout en gardant la simplicité d’emploi de Windows et est capable de faire tourner la plupart des applications Windows. De quoi faire de ces machines une parfaite alternative bon marché face aux ordinateurs prééquipés de Windows.” Premier prix vraiment plancher !

Et c’est vrai que le premier prix est particulièrement alléchant : 299 dollars (soit environ 320 euros) HT pour un PC, sans moniteur, doté d’un processeur AMD Duron à 850 MHz, 128 Mo de SDRam, 10 Go de disque dur, un lecteur de CD-Rom 52X, une puce vidéo Trident à mémoire partagée, un port Ethernet 10/100 Mbits/s et un modem 56K. Détail intriguant, ces machines sont également dépourvues de lecteur de disquettes.

Bien sûr, il serait faux de dire que le remplacement de Windows par un autre système, qui n’est pas gratuit non plus d’ailleurs, suffit à proposer des PC moins chers. La machine décrite ci-dessus est équipée de composants d’entrée de gamme, largement suffisants pour une utilisation domestique hors jeux, mais qui peuvent décevoir les utilisateurs plus exigeants. Au plus haut de la gamme, à 599 dollars HT, on trouve un Pentium 4 à 1,8 GHz, doté de 256 Mo de DDR et d’un disque dur de 40 Go. Mais le symbole reste fort, quand on sait à quel point il est difficile d’acheter un PC sans Windows. Symbole d’autant plus fort qu’il est poussé par un distributeur grand public.

Début d’un mouvement d’envergure ?

Toujours enthousiaste, Michael Robertson croit déjà la révolution arrivée : “Pour le prix d’une console de jeu avec deux joysticks, il est maintenant possible de s’acheter un ordinateur suffisamment puissant pour la plupart des tâches à remplir au bureau, à l’école ou à la maison. (…) C’en est fini du temps où l’achat d’un ordinateur coûtant plusieurs milliers de dollars devait être planifié longtemps à l’avance. Un processus industriel efficace lié à l’économie de la taxe Microsoft de 100 dollars par machine a rendu possible la commercialisation d’une gamme d’ordinateurs abordables pour tous.” On aimerait bien le croire. Cela dit, il faudrait déjà que ces machines soient disponibles ailleurs qu’aux Etats-Unis. Un petit effort, messieurs les distributeurs ?

Traduit et adapté d’un article paru sur VNUnet.com


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