Wanajob aborde le recrutement 2.0

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Ce moteur de recherche d’offres d’emploi se différencie par ses
fonctionnalités interactives et son modèle économique décalé.

La page d’accueil de Wanajob.com déconcerte quelque peu. Le site fait plus penser à celui de Google qu’à ceux de l’Anpe ou de l’Apec. Ici, pas de profil à créer ou de CV à enregistrer. Juste deux champs pour entrer les mots clé qui définissent le job recherché (“directeur marketing ” par exemple) et le lieu où l’on souhaite travailler (Marseille). Puis on clique sur “Chercher”. Wanajob affirme développer un nouveau concept : un moteur de recherche d’emplois. Sa version bêta a été lancée lors du salon Solutions Ressources Humaines qui s’est déroulé la semaine dernière à Paris.

“Je voulais trouver un beau projet, avec un fort potentiel de développement international”, affirme Stéphane Labrouche, le cofondateur de Wanajob. A 40 ans, cet autodidacte a beaucoup bourlingué et exercé “1000 métiers “, comme il dit. Il affirme avoir été agent sportif, organisateur de salons informatiques au Brésil et au Canada, responsable du développement européen d’une société américaine spécialisée dans les applications aptiques (le “retour de force” pour les manettes de jeux vidéo ou le monde médical) et créateur d’un site d’emploi canadien dédié aux métiers – déjà – du tourisme et de l’hôtellerie, Recrutour.com, dont la version française n’a jamais vraiment décollé…

“Pour Wanajob, je me suis inspiré de deux sites américains : Indeed.com et Simplyhired.com”, reconnaît Stéphane Labrouche. Principe ? Aspirer toutes les offres disponibles sur le Web, qu’elles soient publiées par des sites d’emplois, des journaux ou des entreprises, les rassembler en un seul endroit et les mettre gratuitement à la disposition des internautes. Résultat : Indeed et Simplyhired ont déjà recensé jusqu’à près de 5 millions d’annonces !

“Mais en France, la législation est différente”, prévient Stéphane Labrouche. “Pour publier une offre, nous devons obtenir l’autorisation de la source. Nous sommes donc en train de contacter tous les partenaires potentiels. Ce travail d’évangélisation devrait être achevé d’ici à la fin de l’année.” On estime qu’entre 500 000 et un million d’offres d’emplois sont disponibles en France à un instant T. Wanajob espère pouvoir en rassembler 300 000 sur son site fin 2007. Pour l’instant, il en propose 23 000, fournies par des sites comme Carriereonline.com ou Stepstone.fr mais aussi une pointure dans le secteur du recrutement : Manpower.

Publication gratuite, appui sur la publicité

Bonne surprise pour les sociétés, les cabinets de recrutement et les sites d’emploi : la publication d’une offre sur Wanajob est… gratuite ! “Comme n’importe quel moteur de recherche nous espérons gagner de l’argent en monétisant notre trafic”, explique Stéphane Labrouche.

Autrement dit, c’est la pub qui va faire vivre le site. Dans la version actuelle, on trouve des publicités gérées par Google et des liens sponsorisés commercialisés par la régie interne de Wanajob. “Et à l’avenir nous proposerons également aux employeurs des offres “premium”, que nous mettrons en avant sur nos pages, mais ces annonceurs ne seront facturés qu’au nombre de clics“, précise le fondateur de Wanajob.

Pour attirer les internautes, Wanajob compte sur le nombre de petites annonces qu’il proposera, son ergonomie très simple et quelques services originaux. Outre la possibilité d’affiner ou d’élargir sa recherche (proximité géographique, métiers connexes) à l’aide de filtres, il permet de localiser sur une carte Google son futur employeur potentiel ou les restaurants et les parkings situés aux environs. Un “profil”, qui gardera en mémoire vos critères de recherche et une fonction “Push”, qui permettra de recevoir des offres par courrier électronique, devraient être inclus dans la version Grand Public 1.0, prévue pour fin avril.

Un service soutenu par Groupe Solutions

Le pari n’est pas gagné d’avance, car un site agrégateur d’offres d’emploi existe déjà en France : Keljob.com, qui rassemble 80 000 annonces en provenance de 1500 sites. Mais l’interface de Kelljob ressemble tellement à un arbre de Noël avec des couleurs et de l’information partout que l’on s’y perd et son business model est à l’opposé de celui de Wanajob, puisque ce sont les recruteurs qui paient.

Le capital de Wanajob est détenu majoritairement par le fondateur. Près de 40% des actions (Wanajo étant une société par actions simplifiées) ont été souscrites par Groupe Solutions, un organisateur de salons professionnels, qui héberge également la jeune entreprise et lui apporte un soutien logistique et administratif. Dans ces conditions, Stéphane Labrouche affirme avoir suffisamment d’argent pour tenir un an et demi.


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