WayzUp : un levier de relance pour la RATP dans le covoiturage courte distance

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La RATP reprend pied dans le covoiturage courte distance en accompagnant le tour de table de 1,4 million d’euros bouclé par WayzUp.

Un deuxième ticket dans les nouvelles mobilités pour RATP Capital Innovation.

Quelques semaines après avoir officialisé une prise de participation dans Communauto (autopartage en Île-de-France), la filiale d’investissement montée en début d’année par la RATP entre au capital de WayzUp.

La start-up, qui exploite une offre de covoiturage domicile-travail, reçoit également le soutien d’un actionnaire historique – Via ID, l’accélérateur de Mobivia Groupe, maison mère de Midas et Norauto – dans le cadre d’un tour de table annoncé à 1,4 million d’euros.

Fondé en 2012 par Julien Honnart (président) et Cyrille Courtière (CTO), WayzUp est aujourd’hui installé dans les locaux de la plate-forme d’innovation Boucicaut.

Son modèle, par opposition à ceux de la SNCF avec iDVROOM et de BlaBlaCar avec BlaBlaLines, ne s’adresse pas directement aux utilisateurs finaux : il consiste à nouer des partenariats avec les entreprises, qui proposent alors le service à leurs collaborateurs.

Elles sont une soixantaine dans la boucle, dont Boulanger pour les 550 personnes sur son hub de Lesquin (Nord), Renault pour les 10 000 à son technocentre de Guyancourt (Yvelines) et Vinci pour les 1 700 à son siège social de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine).

Carrefour, Crédit Agricole, Danone, Engie, Veolia ou encore le Centre hospitalier intercommunal de Créteil (Val-de-Marne) figurent également sur la liste. Au total, « 65 000 salariés » ont accès à la plate-forme, sur laquelle sont proposés, tous les jours, « plus de 75 000 trajets », selon WayzUp.

Un plan pour la mobilité

Pour favoriser la création de réseaux de covoiturage locaux et atteindre la masse critique nécessaire à la pérennité de ce type de service, la start-up a lancé, fin mai pour une durée de trois mois, une offre de financement à destination des collaborateurs, indexée sur le barème kilométrique défini par l’administration fiscale (10 centimes du kilomètre par passager transporté).

En temps normal, les passagers remboursent les conducteurs dans un espace « partage de frais » sur l’application mobile. WayzUp fixe les frais en question, officiellement pour avoir la certitude de rester en dessous du barème fiscal* « et ne pas avoir à souscrire une assurance professionnelle spécifique ».

En ligne de mire, l’entrée en application, le 1er janvier 2018, des dispositions de l’article 51 de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. À cette date, dans le périmètre d’un plan de déplacements urbains, toute entreprise regroupant au moins cent travailleurs sur un même site devra avoir élaboré un « plan de mobilité » du personnel… encourageant entre autres le recours aux transports en commun et au covoiturage.

En la matière, la RATP promet d’intégrer, d’ici à la fin de l’année, WayzUp aux appels d’offres de collectivités.

Pour la régie francilienne, qui entrevoit là l’occasion de mieux desservir certaines zones, c’est une deuxième tentative après l’expérimentation lancée au printemps 2015 avec Sharette, en prévision de la fermeture, au cours de l’été, d’un large tronçon de la ligne A du RER. Depuis lors, la start-up a fait faillite, tombant dans le giron de Citygoo.

* WayzUp précise que selon l’administration fiscale, les revenus perçus lors des covoiturages domicile-travail ne sont pas imposables.

Crédit photo : WayzUp (Julien Honnart et Cyrille Courtière sont respectivement les quatrième et septième en partant de la gauche)


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