Web 2.0 : le moteur prédictif Criteo veut exporter son modèle

Mobilité

La jeune pousse française a levé 7 millions d’euros pour étendre ses activités en Europe. Elle vit sous la menace de l’arrivée de concurrents américains.

Deux ans et trois mois après sa création, Criteo, spécialisée dans “l’analyse prédictive en temps réel”, vient d’annoncer le bouclage de sa deuxième levée de fonds d’un montant de sept millions d’euros. Une opération à laquelle les investisseurs historiques de la société (AGF Private Equity, Elaia Partners…) et un nouvel entrant (Index Venture, qui a repéré des pépites comme Skype ou Netvibes) ont participé.

L’argent récolté va servir en partie à améliorer les logiciels que Criteo propose en marque blanche aux sites de commerces électroniques et aux sites de contenus pour faire des recommandations, ainsi qu’aux plates-formes publicitaires, pour personnaliser les bannières.

“Lorsqu’un internaute se connecte à un site client chez nous, nous analysons sa navigation et nous lui faisons, en temps réel, des recommandations pour d’autres achats ou d’autres contenus”, explique Jean-Baptiste Rudelle, P-DG fondateur de Criteo. 

Cet ingénieur télécoms de 38 ans, diplômé de Supélec et de l’Imperial College de Londres, en est à sa deuxième création d’entreprise. Il était à l’origine de Kiwee, un site de téléchargement de musique créé en 200,0 puis revendu quatre ans plus tard à American Greetings.

Des ventes en hausse de 15% en moyenne

Grâce à la technologie Criteo, ses clients “e-commerce” augmenteraient leurs ventes de “15% en moyenne”. 4000 sites Internet l’auraîent adopté à travers le monde, dont un bon tiers qui serait localisé en France (Doudouplanet.com, Madeindesign.com, SicavOnLine, AlloCiné, UGC…).

Chaque jour, Criteo est censé traiter 15 millions de recommandations. Ses logiciels géreraient quelque 50 millions de visiteurs uniques. Le tout reposant sur une architecture Web d’une vingtaine de serveurs Dell, installés chez Colt, en région parisienne.

Surtout, les 7 millions d’euros vont financer le développement commercial de l’entreprise. “Nous voulons préempter le marché européen”, assure Jean-Baptiste Rudelle, qui a la ferme intention d’empêcher ses deux principaux concurrents américains, Aggregate Knowledge et ChoiseStream, de débarquer de ce côté-ci de l’Atlantique. La menace est sérieuse : ces deux firmes viennent de lever respectivement 20 et 25 millions de dollars.

Au 1er semestre 2008 un bureau sera ouvert à Londres, car “la Grande-Bretagne est le premier marché européen pour tout ce qui est e-commerce et publicité en ligne”, explique Jean-Baptiste Rudelle. Tandis qu’un “intense” effort de prospection va être mené en Allemagne et en Espagne.


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