Web : La CNIL veut vérifier si Google Street View est en règle

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Après la captation “par erreur” de données WiFi qui a eu lieu en Allemagne lors du passage des voitures de Google, la CNIL vient d’annoncer le lancement d’une enquête à l’égard de l’entreprise pour vérifier sa conformité avec les lois françaises.

La pression des décideurs politiques et les récents incidents en Allemagne liés à la collecte d’informations issues de réseaux wifi poussent la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) à intervenir pour s’assurer que Google Street View est en conformité avec les lois françaises en matière de protection et de traitement des données personnelles.

Sur son site, la commission indique qu’elle vient d’engager un contrôle de Google à la suite de d’enregistrement “par erreur” de données WiFi relatives au contenu des communications, c’est-à-dire les échanges entre les ordinateurs et les points WiFi ouverts.

“Cette collecte n’était pas mentionnée dans la déclaration de Google à la CNIL” précise cette dernière. Avant de justifier son intervention : “C’est pourquoi la Commission réalise actuellement un contrôle de Google, dans le but d’obtenir toutes les informations sur cette affaire et décider des suites à donner.”

L’Europe prête à agir

Les réfractaires à Street View ne sont pas si nombreux. Il faut dire que la possibilité de montrer sa ville au monde entier est perçu comme un formidable outil de promotion d’autant que cela ne coûte pas un centime aux collectivités.

Cela ne doit pas faire oublier les problématiques auxquelles est confronté tout citoyen dont un bien aurait été photographié et mis en ligne.

En effet, malgré les efforts de Google pour se plier au souhait européen de flouter les visages ou les plaques d’immatriculation de véhicules, le service de visite virtuelle comporte toujours de nombreuses vues qu’il est parfois long et difficile de faire retirer.

De quoi s’attirer les foudres du groupement des Commissions informatique et libertés européennes qui a demandé en mars dernier à Google d’améliorer la protection de la vie privée des citoyens.

Dans cette optique, le groupement avait adressé une lettre à la firme de Mountain View qui lui reprochait notamment de conserver trop longtemps (un an, ndlr) les originaux des photos floutées mises en ligne sur son service de visite virtuelle. L’affaire suit son cours…

Pages Jaunes et IGN lancent leur propre service de visite virtuelle
Si Google est visé, deux services similaires à Street View vont être lancés dans les mois à venir. Pages Jaunes a annoncé le lancement d’ici la fin de l’année de “UrbanDive”, un service basée sur la technologie Earthmine permettant une représentation de la ville en vue immersive et qui permet de bénéficier d’une vision à 360 degrés. Le Street View made in France sera lancé en version bêta sur Paris et Marseille puis étendu à 150 grandes villes de France. De son côté, l’institut géographique national (IGN) lancera aussi son service “Street View-like” baptisé iTowns. Le projet est co-financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) et Cap Digital. Il sera lancé dans quelques arrondissements de Paris puis étendu au reste de la capitale et de l’hexagone. Reste à savoir qu’elle sera leur méthode pour s’attirer les bienveillances de la CNIL…

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