Xavier Spender (M6 Mobile) : “Le groupe M6 est prêt à adopter un vrai profil de MVNO”

Mobilité

Le responsable des services multimédias du groupe M6 estime que l’accord signé avec Orange favorise une montée en charge progressive de son activité d’opérateur mobile virtuel.

Vnunet.fr: Quels enseignements tirez-vous de la réunion avec le ministre de l’Industrie concernant les MVNO qui s’est déroulée la semaine dernière ?
Xavier Spender: La portabilité, qui consiste à garder son numéro mobile tout en changeant d’opérateur, est un point important évoqué par Patrick Devedjian. Mais d’autres éléments ont été abordés comme la problématique de la subvention du terminal et les engagements qui en découlent. C’est une nécessité pour que les jeunes consommateurs accèdent à de nouveaux terminaux mobiles multimédias élaborés et qu’ils puissent les échanger comme ils le souhaitent. Le terminal est vraiment le driver de ce marché. Changer librement de terminaux et d’opérateurs nous semblent un élément-clé. Le fait de laisser le choix au consommateur entre une formule avec des engagements dans le temps ou une formule sans contrainte a également du sens (voir édition du 23 février 2005).

Vnunet.fr: Quel est l’intérêt d’un groupe comme M6 de se lancer dans la téléphonie mobile ?
La téléphonie est un support de prédilection pour toucher les jeunes consommateurs. Il est normal que nous nous y intéressions pour compléter notre gamme de services et de produits. A travers sa stratégie de diversification et de diffusion, le groupe M6 cherche toujours à avoir des contacts directs avec ses téléspectateurs et ses clients par métier. Nous sommes bien positionnés dans le téléachat en Europe. M6 Interaction est le premier intervenant hors presse dans les produits vendus en kiosque.

Pourquoi avoir sélectionné Orange comme votre partenaire réseau privilégié ?
Orange est leader sur le marché de la téléphonie mobile. L’opérateur a répondu à différents points de nos demandes comme les offres, la distribution et la possibilité d’avoir une montée en charge progressive. Nous avons monté cet accord comme un échange permanent avec Orange. M6 est un groupe audiovisuel qui n’a pas de compétences particulières en matière d’opérateur. En revanche, nous sommes aptes à fournir des contenus et de services pour les mobiles. Cet échange d’expérience dans cette première phase de partenariat nous semble indispensable avant de nous impliquer davantage dans des activités MVNO.

Que maîtrisez-vous réellement dans l’offre M6 Mobile ?
Il y a une co-exploitation de la base de données clients entre Orange et M6. Dans un premier temps, les clients sont rattachés à Orange mais il sera possible de les faire basculer en clients M6 dès que nous le souhaiterons. Tout dépend des conditions de marché, de notre courbe d’expérience et de l’intensité concurrentielle.

Dès son lancement en juin, l’offre M6 Mobile mettra-t-elle en priorité l’accent sur la téléphonie de troisième génération (UMTS) ?
Aujourd’hui, le marché tourne autour de la 2G. Un bouquet de cinq chaînes thématiques de M6 est en cours de déploiement sur les portails multimédias mobiles Orange World et de SFR. Notre contrat prévoit que nous nous reverrons avec Orange concernant des déclinaisons 3G. Lors du salon professionnel 3 GSM de Cannes, Didier Quillot, Directeur d’Orange France, recensait 35000 clients Orange en 3G. Attendons que le marché se développe davantage. Pour le moment, nous voulons prendre pied sur un marché de masse.

Trois services concurrentiels, plus ou moins présentés comme des MVNO, veulent cibler les jeunes consommateurs : M6 Mobile, NRJ Mobile et Universal Mobile. Comment comptez-vous vous distinguer ?
Nous aurons une offre, une distribution et une communication très forte. De mon point de vue, je ne pense que nous n’allons pas assister à une guerre de prix, qui serait néfaste pour tous les acteurs. Je parlerais plutôt en termes d’animation de marché. Le marché français a encore un potentiel de quatre à cinq millions de lignes additionnelles dans une perspective de cinq ans. Nous allons développer le marché à travers l’offre M6 Mobile en ciblant des consommateurs n’ayant pas encore souscrit à une offre mobile ou en proposant une deuxième ligne.

Comment percevez-vous le développement de la télévision et de la vidéo à la demande sur mobile ?
Cest un sujet important pour M6. Parallèlement à l’accord réseau lié à l’activité de MVNO, nous avons signé avec un volet production de contenus pour élargir notre partenariat avec Orange. Plusieurs chaînes du groupe M6 sont déjà diffusées en streaming sur le portail d’Orange. Nous avons également un accord de fourniture et de production de contenus spécifiques avec l’opérateur, sans toutefois parler d’exclusivité.

Le groupe Canal Plus a demandé une licence expérimentale de télévision sur mobile avec la technologie DVB-H. M6 va-t-il faire de même ?
Le groupe M6 sera toujours à la recherche de nouveaux réseaux de distribution pour ses chaînes de télévision. Ce sont des choses que nous regardons de très près. M6 sera un intervenant majeur sur le sujet. Je ne peux pas en dire plus.


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