Zynga perd des utilisateurs sur le chemin de la mobilité

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Annoncés sur fond de restructuration, les résultats trimestriels de Zynga laissent entrevoir une réduction de la base d’utilisateurs.

Le retour à la croissance ne s’inscrira que sur le long terme pour Zynga.

C’est ce qui ressort de la lettre – document PDF, 7 pages – adressée aux actionnaires et aux salariés par le CEO Mark Pincus en marge de la présentation du bilan financier de la société pour le 2e trimestre 2015.

Si le chiffre d’affaires ressort en hausse de 30,5 % sur un an, à 199,9 millions de dollars (surpassant le consensus établi à 152,2 millions), le résultat net reste dans le rouge, avec des pertes à hauteur de 26,868 millions de dollars, soit 3 cents par action en normes comptables GAAP (voir la synthèse des résultats).

D’un trimestre à l’autre, les sources de revenus se sont nettement diversifiées : 18 % du CA provient de Zynga Poker ; 34 %, des deux principaux titres de la franchise Farmville ; 26 %, des jeux de machines à sous (16 % pour Hit It Rich! Slots et 10 % pour Wizard of Oz Slots).

La part de la publicité dans les recettes de la société augmente de 6 points sur un an, à 22 %, notamment grâce à des campagnes avec Honda, KFC et NBC Universal. Pas moins de 25 marques se sont exposées sur le jeu Hit It Rich! Slots.

Zynga perçoit par ailleurs une certaine fidélisation des annonceurs : la moitié d’entre eux étaient déjà clients il y a un an. C’est plus compliqué du côté des utilisateurs : ils ne sont plus que 83 millions à se connecter au moins une fois par mois (- 32 % d’une année sur l’autre) et 21 millions à faire de même au moins une fois par jour (- 23 %).

Un déclin compensé par une progression à deux chiffres du revenu par utilisateur : + 29 %, à 0,091 dollar. La croissance est plus marquée sur le mobile, dont proviennent désormais près des deux tiers du chiffre d’affaires.

Opération restructuration

Marquée sur le plan technologique, l’évolution est moins évidente du point de vue géographique : les États-Unis restent la locomotive de Zynga, avec 65 % de son activité (stable sur un an).

Parmi les satisfactions du printemps 2015 figure cette incursion dans l’univers des jeux d’action/stratégie avec Empires & Allies, qui a représenté un revenu moyen par utilisateur de 26 cents depuis son lancement au moins de mai.

Engagé dans un plan d’économies traduit entre autres par la fermeture du studio Orlando Sports et la mise au rancart d’une quinzaine de titres, Zynga mise sur les partenariats pour se relancer. Illustration avec Disney : un accord a été signé pour exploiter les marques « Chocolate Factory » (Charlie et la Chocolaterie) et « Willy Wonka », du nom du patron de la chocolaterie.

Zynga renforce également son conseil d’administration avec l’arrivée de Frank Gibeau. L’ancien vice-président exécutif d’Electronic Arts accompagnera la réorganisation de l’éditeur, qui mise sur des équipes de développement plus petites « et [donc] plus agiles ».

Ce n’est pas tant dans cette optique que les suppressions de postes se sont succédé, mais pour économiser 100 millions d’euros d’ici à l’automne 2016. Les efforts consentis jusqu’alors ont permis de réduire les dépenses opérationnelles d’environ 45 millions de dollars par an, mais ils ont été contrebalancés en partie par les indemnités de départ accordées à l’ancien CEO Don Mattrick.

Dans le même temps, les investissements en R&D ont atteint un palier, à 90,896 millions de dollars. La migration vers l’infrastructure Amazon Web Services n’y est pas étrangère. Le marketing a pour sa part consommé 41,119 millions de dollars (+ 35 % par rapport à la même période en 2014).

En tenant compte de charges de restructuration à hauteur de 12,184 millions de dollars, les dépenses d’exploitation frôlent les 170 millions de dollars.


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