Le Cigref demande à Microsoft de revoir ses tarifs

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Le Club informatique des grandes entreprises françaises souhaite que Microsoft revoie sa copie concernant la mise en place de son programme de mise à jour automatique des licences. Le Cigref souhaite une baisse du coût de Software Assurance, ainsi que son report à une date ultérieure.

Suite à l’envoi d’une délégation du Cigref au siège de Microsoft, le Club informatique des grandes entreprises françaises rend aujourd’hui publique sa position sur l’évolution de la politique commerciale de Microsoft. Il y a près d’un an, Microsoft mettait sur pied une nouvelle politique tarifaire au travers d’un programme baptisé Software Assurance, censé remplacer les mises à jour effectuées selon le bon désir des clients par une mise à jour obligatoire et annuelle. Le Cigref est en négociations avec Microsoft depuis un an afin que ce dernier modifie un certains nombre de points. Le Cigref a obtenu un report de la mise en place de Software Assurance, initialement prévue le 28 février, au 31 juillet 2002 (voir édition du 10 octobre 2001). Le Cigref demande aujourd’hui un nouveau report, même si dans les faits, il y a peu de chance que cela se produise. Des tarifs très contestés Le Cigref dénonce le coût du programme Software Assurance. Les sociétés auront en effet à payer 29 % du prix de la licence par année. C’est-à-dire un prix nettement supérieur à celui du marché. Les taux habituellement pratiqués par les éditeurs se situent entre 12 et 19 %, assure le Cigref. Par ailleurs, son délégué général adjoint explique qu’à ce taux-là, il ne faudra que trois ans à une entreprise pour arriver à la même dépense que si elle avait acheté la licence. Le Cigref demande donc une baisse du coût de la Software Assurance et, par ailleurs, souhaite que Microsoft instaure une politique tarifaire complémentaire et non substitutive. Selon l’étude d’une association d’utilisateurs, la nouvelle politique de licence de Microsoft pourrait dans certains cas augmenter de 130 % les coûts d’utilisation des logiciels. De son côté, le Gartner Group estime que les entreprises qui souscriront au programme Software Assurance verront leur facture augmenter de 35 à 107 % en fonction de leur fréquence de mise à jour. Le Giga Group, qui a interrogé 4 550 professionnels du secteur IT, déclare que 80 % d’entre eux s’attendent à payer plus cher leurs licences. Interviewé par VNUnet.com, Duncan Reid, responsable des licences en Grande-Bretagne pour Microsoft, juge que seuls 20 % de ses clients effectuant des mises à jour au moins tous les quatre ans verront une augmentation de leur facture. « Pour 80 % des clients, le changement de politique n’induirait aucun coût supplémentaire, certains pouvant même y gagner sur le long terme », précise-t-il (voir édition du 17 août 2001). Le support technique en question Concernant la durée du support technique des produits, le Cigref demande une plus grande clarté. « Les entreprises clientes n’ont aucune visibilité sur la fréquence de sortie des nouvelles versions de logiciels de l’éditeur et ne peuvent donc pas savoir a priori pendant combien de temps le produit sera maintenu », explique le Cigref. Jusqu’ici, la durée de vie d’une solution dépendait du nombre de versions sorties entre-temps. Seulement avec ce système, il est impossible pour les entreprises de connaître avec exactitude l’arrêt d’un support sur tel ou tel produit. Le Cigref souhaite une durée fixe et non aléatoire. Il propose ainsi un allongement de l’assistance de 5 ans pour les produits clients et de 7 ans pour les produits serveurs. Selon Sébastien Bachollet, délégué général adjoint du Cigref, Microsoft n’y serait pas opposé.Le Cigref dénonce par ailleurs les bundles, offres où tous les composants logiciels sont obligatoirement installés. Cela va à l’encontre de la logique « de productivité et d’efficacité », juge le Club informatique. « Lorsqu’elles achètent un produit, les entreprises demandent aujourd’hui de pouvoir choisir et installer de façonindustrialisée et standardisée les composants logiciels dont elles ont besoin pour leurs différents métiers », déclare le Cigref.