Microsoft fait main basse sur VirtualPC

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Après PlaceWare, une solution de téléconférence, Microsoft a fait l’acquisition de VirtualPC, le logiciel leader des systèmes d’exploitation virtuels. Principale raison supposée : assurer la transition entre Windows NT4 et Windows Server 2003. Mais que penser du rachat de l’émulateur Windows pour Mac ?

Surprise dans le petit monde des systèmes d’exploitation émulés : Connectix, le leader en la matière, vient de se défaire de son produit VirtualPC, le logiciel capable de faire tourner plusieurs OS sur une même machine. Sur Mac comme sur PC (voir édition du 7 mai 2001), VirtualPC est en effet en mesure de lancer plusieurs versions de Windows ainsi que différentes moutures d’OS/2 ou de Linux. La société a cédé le produit mercredi 19 février à Microsoft qui, par cette acquisition, entend bien se sortir quelques épines du pied. La firme de Bill Gates voit tout d’abord en VirtualPC une solution qui permettrait aux utilisateurs de Windows NT4 de migrer en douceur vers Windows Server 2003 dont la commercialisation est prévue pour avril prochain. Une étude récente d’InformationWeek indique en effet que 63 % des utilisateurs de NT sont préoccupés par les problèmes de compatibilité qui pourraient surgir à cette occasion. « Microsoft avait rapidement besoin d’une solution pour contrer les actuelles campagnes marketing de Sun et Oracle. Ces campagnes prédisent des consolidations de serveurs bien moins onéreuses aux utilisateurs qui se séparent des applications Microsoft », a indiqué Greg DeMichillie à nos confrères de Siliconvalley.com. Et il se trouve qu’un logiciel en préparation chez Connectix, Virtual Server, devrait permettre à Microsoft de convaincre les 35 % de ses utilisateurs les plus réticents d’abandonner Windows NT4 au profit de son nouveau système. Windows Server 2003 serait alors effectivement en mesure de gérer parallèlement plusieurs versions du logiciel serveur de Microsoft. La manoeuvre est donc claire : défendre l’implantation de Windows sur les serveurs. Il faut dire que le système est critiqué de toutes parts, que le modèle choisi par Microsoft en ce qui concerne sa rétribution en a mécontenté beaucoup et que nombre de ses utilisateurs se demandent s’il n’est pas temps d’envisager une solution alternative. Dans le monde Apple, on se demande si la longue histoire qui lie le Mac à Connectix n’a pas également motivé l’affaire. VirtualPC avait été initialement développé pour lancer Windows sous Mac OS (voir édition du 12 décembre 2001) et on se doute que cela ne laisse pas Microsoft indifférent.

« Cela a du sens pour Microsoft? », assure Tim Bajarin, le président du cabinet conseil spécialisé dans les hautes technologies Creative Strategies. « Le credo de l’éditeur, celui selon lequel le Mac reste viable bien qu’il nécessite un surcroît de grosses applications pour exister, le conduit à s’assurer durablement du bon fonctionnement de ses logiciels sur la plate-forme. De plus, Microsoft clame qu’il a besoin de vendre davantage de produits Mac pour financer le développement de logiciels. » Avec près d’un million de copies, VirtualPC pour Mac s’avère une excellente acquisition. Elle permettra à Microsoft de pérenniser ses investissements en environnement Apple. « En ajoutant VirtualPC à son portefeuille, Microsoft continue de prouver par l’exemple son engagement envers le Mac et nous sommes heureux de voir VitualPC tomber dans de si bonnes mains », précise de son côté Ron Okamoto, le responsable d’Apple des relations avec les développeurs. Microsoft récupère 50 développeurs avec le produit, dont une bonne partie restera affectée au développement de la compatibilité PC-Mac. « Cette acquisition répond à notre souci permanent de compatibilité. Nous nous efforçons de rendre tous nos produits Mac parfaitement compatibles avec leurs homologues Windows, autrement dit il s’agit là d’une extension naturelle de notre stratégie », a indiqué de son côté Tim McDonough, le responsable du marketing et développement de la MacBU (l’unité Microsoft dédié au Mac) à MacCentral.

La menace Marklar ?

En y regardant de plus près encore, on s’aperçoit que l’achat de VirtualPC est une façon pour Microsoft d’anticiper une réponse à différentes menaces potentielles. Côté Windows, on craint Linux/Unix, des alternatives agitées par certains comme IBM, HP ou Sun. Côté Mac, on entend rationaliser les développements et en cas de chute des ventes de la MacBU, Office pourrait, grâce à VirtualPC, être commercialisé en version Windows, même sur Mac. Et, enfin, Microsoft pourrait vouloir se prémunir, à plus ou moins long terme, contre la menace Marklar, le mythique plan de portage de Mac OS X sur PC. Avec VirtualPC dans son escarcelle, le géant du logiciel conserverait une couche de compatibilité lui permettant de continuer à offrir des applications initialement développées pour Windows. Une version Microsoft de Classic dédiée aux logiciels Windows XP sous Aqua, en quelque sorte ! Une hypothèse qui n’a du sens que si Apple décide un jour d’attaquer Microsoft sur son terrain, celui des PC.