Spotify vise la Bourse avant la rentabilité

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Spotify, dont les pertes se creusent, vise une introduction en Bourse sur le NYSE et cherche à lever au moins 1 milliard de dollars dans ce cadre.

On cherche à lever un milliard de dollars, sans s’interdire d’aller plus haut, vu les prix auxquels nos actions se sont monnayées ces derniers temps.

Spotify fait passer le message dans son prospectus d’IPO remis ce 28 février à la SEC (Securities and Exchange Commission, gendarme des marchés financiers aux États-Unis).

Le poids lourd européen de la musique en streaming vise le NYSE, sans définir d’échéance.

Il préfère mettre en avant les 71 millions d’utilisateurs de ses offres payantes, non sans affirmer estimer que « c’est presque deux fois la taille de notre principal concurrent, Apple Music ».

Ces offres payantes concentrent, depuis plusieurs années, environ 90 % du chiffre d’affaires. Lequel s’est élevé, en 2017, à 4,09 milliards d’euros, contre 2,952 milliards en 2016 (+ 39 %) et 1,94 milliard en 2015 (+ 52 %).

Dans le même temps, le taux de marge brute a progressé, doublant quasiment en deux ans, à 20,8 %. Les pertes d’exploitation se sont, en revanche, creusées : 378 millions d’euros en 2017, contre 349 millions en 2016 et 235 millions en 2015.

En tenant compte d’une charge associée à l’émission d’obligations, les pertes nettes dépassent le milliard d’euros sur le dernier exercice. Le déficit avoisine, après onze années d’existence, les 2,5 milliards, pour une trésorerie à environ 1,5 milliard en incluant les titres négociables.

Au 31 décembre 2017, Spotify revendique 159 millions d’utilisateurs actifs – au sens où ils se connectent au moins une fois par mois. Ils étaient 123 millions un an plus tôt.

L’entreprise basée à Stockholm (mais contrôlée par une SA établie au Luxembourg ; voir ci-contre) affirme que son offre financée par le publicité est « viable » : les revenus dégagés par ce biais ont augmenté de 51 % entre 2015 et 2016, puis de 41 % entre 2016 et 2017, avec un résultat d’exploitation positif.

Sur le volet premium, le revenu moyen par utilisateur a baissé ces dernières années, passant sous les 6 euros. Spotify l’impute à ses offres « Famille » : chacun des comptes y étant rattachés sont considérés comme un utilisateur.

Autre indicateur en progression : le nombre d’heures d’écoute : 25 en moyenne par mois pour chaque utilisateur au 4e trimestre 2017 (+ 13 % sur un an). Les listes de lecture personnalisées représentent 17 % de ce temps ; celles élaborées par les équipes de Spotify, 15 %.

Le prospectus d’IPO fournit quelques éléments sur l’actionnariat de Spotify. Les fondateurs Daniel Ek et Martin Lorentzon possèdent à eux deux 47 % du capital, pour 80,4 % des droits de vote. Suivent Sony Music (5,7 % et 1,8 %), Tencent (7,5 % et 2,4 %) et Tiger Global (6,9 % et 2,2 %).


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