Sun fait cohabiter Solaris 9 avec Linux

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Plus puissante, une sécurité renforcée, une orientation très nette vers les services Web, la nouvelle version du système d’exploitation de Sun, Solaris 9, vient d’être lancée. Malgré un attachement de plus en plus fort envers Linux, Sun marque son désir de garder un OS propriétaire.

La version 9 du système d’exploitation Solaris de Sun vient d’être officiellement lancée. Sans remettre en question la compatibilité avec les programmes écrits pour les versions antérieures, la nouvelle mouture offre notamment une meilleure gestion d’un nombre important de processeurs. Dario Wiser Directeur Marketing Produits chez Sun, annonce des gains de performance variant entre 30 et 60 % pour les ressources mémoires ou pour des applications de type multi-trading. Sun intègre ainsi à cette nouvelle version le module Solaris Resource Manager, qui permet de dédier des ressources systèmes (puissance CPU et mémoire vive) à des applications spécifiques.

Avec la sortie de Solaris 9, Sun souhaite plus que tout parler non plus seulement d’un système d’exploitation, mais plutôt d’un environnement. Solaris est ainsi incorporé à Sun ONE et à la stratégie Web Services de Sun. Dès lors que pour accéder aux applications disponibles via Internet, l’internaute doit être identifié afin d’être autorisé ou non à accéder aux applications, il devenait nécessaire de renforcer la sécurité autour de Solaris 9. A la différence de Solaris 8 qui utilisait une clé de chiffrement de 56 bits, la version 9 utilise une clé de 128 bits. Solaris 9 intègre désormais un serveur d’authentification Kerberos 5 et implémente le RBAC (role-based access control), une méthode plus souple d’attribution des droits. En outre, la version 9 présente de nouvelles fonctions destinées à éviter les dépassements de capacité des buffers (zone mémoire temporaire utilisée par une application) évitant ainsi de faire « planter » un programme en écrivant dans cette zone plus de données qu’elle ne peut en contenir (buffer overflow). De quoi limiter les effets désastreux des attaques de ce type ? L’avenir nous le dira.

Pour les gros besoins en ressources

La version 9 offre une meilleure compatibilité avec Linux, tant au niveau des commandes que des bibliothèques de programmation. Ce qui lui permet par exemple d’utiliser l’environnement graphique Gnome. L’attrait, pourtant pas nouveau, de Sun pour Linux a suscité quelques interrogations sur l’avenir même de Solaris. D’autant que Sun a estimé dernièrement que Linux représentait une alternative viable aux systèmes d’exploitation Windows de Microsoft (voir édition du 8 février 2002). Une déclaration qui risquait de mettre en porte-à-faux le système propriétaire de Sun. Pourtant, Dario Wiser assure que les deux systèmes pourront cohabiter sans aucun problème. « Solaris conviendra très bien pour les besoins en calcul lourd. Et pour les ressources légères qui n’impliquent pas l’utilisation d’un nombre important de processeurs, Linux sera proposé aux entreprises tout comme Solaris. Le choix se fera vraiment en fonction des besoins de la société », affirme-t-il. Sun a répété qu’en aucun cas la version 9 serait la dernière version propriétaire de l’éditeur.

A la différence de Solaris 8, la version 9 n’est pas compatible avec les processeurs Intel. Officiellement, Sun attend une position claire de la part d’Intel sur sa gamme Itanium. Quant à la version x86 abandonnée en janvier 2002, Sun pourrait ressortir le projet des cartons pour une commercialisation en 2003. Sun devrait cesser la commercialisation de Solaris 8 pour fin 2003. Toutefois, selon le Giga Group, 30 à 40 % des clients de Sun utilisent encore des versions 2.6 ou 7.