Tarifs de gros : les MVNO réclament des sanctions à l’encontre de Free Mobile

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Le club des opérateurs mobiles virtuels demande l’intervention de l’ARCEP, considérant que Free Mobile ne respecte pas « son obligation » d’accueillir des MVNO de manière avantageuse.

Les MVNO s’insurgent contre les pratiques de Free Mobile qui ne respecteraient pas ses engagements liés à l’attribution de sa licence 3G concernant ses tarifs de gros et demandent à l’ARCEP « d’intervenir ».

Le 8 février, le nouvel entrant dans la téléphonie mobile a publié son premier catalogue d’offres pour héberger les opérateurs mobiles virtuels sur son son réseau.

A l’époque, l’association professionnelle Alternative Mobile, qui regroupe la plupart des opérateurs sans réseau propre (à l’exception notoire de Virgin Mobile), avait déjà protesté, considérant que Free Mobile ne jouait pas le jeu d’une concurrence plus ouverte.

Cette fois-ci, elle demande officiellement l’arbitrage de l’autorité de régulation des télécoms, à en croire une lettre que l’AFP s’est procurée.

Le club des MVNO proteste contre le manque d’attractivité des offres de gros proposées par Free Mobile.

« Des tarifs supérieurs à ses prix de détail », considère-t-il.

Alternative Mobile charge la mule : « Free Mobile a visiblement fortement diminué ses prix de détail par rapport à ceux qu’il avait indiqué dans son dossier de candidature, sans baisser en proportion ses prix de gros pour les MVNO. Free a donc volontairement vidé de sa substance ses offres MVNO en les rendant financièrement inintéressantes. »

Sous le prisme de l’analyse de l’asociation des opérateurs alternatifs sans réseau, Free Mobile n’aurait pas respecté « son obligation » d’accueillir des MVNO.

Il devrait donc faire l’objet d’une « procédure de sanction » si l’on se réfère au Code des postes et des communications électroniques.

L’ARCEP et Free Mobile n’ont pas émis de commentaires sur le sujet.

*Alternative Mobile regroupe une dizaine d’opérateurs virtuels : Afone, Auchan Telecom, Carrefour Interactive, Coriolis Telecom, Lebara, NRJ Mobile, Omea Telecom, Ortel Mobile, Prixtel et Transatel.

La part de marché des MVNO progressait avant l’arrivée de Free Mobile
A fin 2011, les opérateurs mobiles virtuels détiennent une part de marché de 11,3 % du marché de la téléphonie mobile en France, soit 7,4 millions de clients, (source ARCEP). C’est une progression de 3,9 points en un an.
Que va-t-il se passer avec l’arrivée de Free Mobile ?Dans une interview accordée aux Echos le 12 janvier (deux jours après la sortie des offres commerciales du nouvel entrant dans la téléphonie mobile), Jean-Ludovic Silicani, Président de l’ARCEP, précisait sa vision sur la place des opérateurs mobiles virtuels et les relations entretenues avec les opérateurs hôtes.
« L’autorité a poussé les opérateurs de réseau à donner plus de marge de manoeuvre et plus d’autonomie aux MVNO ». Ainsi, « sur la 3G et la 4G, ils ont pris des engagements forts en ce sens, notamment selon le modèle de « full-MVNO » (retenu par Virgin Mobile et NRJ Mobile).
« Tous les titulaires de licences 4G l’ont accepté. Mais nous ne pouvons pas faire plus. En 2005, l’Arcep a envisagé de réguler le prix auquel les MVNO s’interconnectent au réseau de leur opérateur hôte. Mais la Commission européenne s’y est opposée. Enfin, les MVNO, comme ils l’ont déjà fait, vont investir des niches. »

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